La Une de LibertyVox en RSS: 15 derniers articles 30 Tous
Retour à l'accueil
Retour à la Une  

Interview Alexandre Del Valle. 2ème partie.

Alors que Londres vient d’être de nouveau frappée, cette seconde partie de l’interview d’Alexandre Del Valle nous conforte sur la position à tenir face au totalitarisme islamiste: Ne pas céder, rester debout et combattre.

Libertyvox: L’islamisme qui sévit dans le monde occidental est généralement sunnite. Qu’en est-il de l’Islamisme chiite iranien et du Hezbollah qui en est l’émanation?

Alexandre Del Valle: Du point de vue du «monde de l’impiété», les différences sont minimes. Le Hezbollah et l’Iran chiite khomeyniste sont seulement un peu moins universels et concentrent leur violence dans les zones chiites ou abritant des minorités chiites «persécutées» (Liban, Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan), ou encore dans des pays non musulmans ayant des contentieux financiers ou politiques directs (France en 1986), ou abritant des bases arrières du Hezbollah et de fortes minorités juives (Argentine, zone de la Triple Frontera en Amérique latine, etc.), ou encore la zone ultra symbolique et mobilisatrice d’Israël.

LV: Israël a clairement déclaré qu’elle ne laisserait pas l’Iran acquérir un arsenal nucléaire. Selon vous, quelle sera l’attitude des Mollahs sur ce sujet? La politique du pire?

ADV:
Le nouvel Homme fort de l’Iran, réélu fin juin contre toute attente a été clair sur ce point: pas question de céder aux «pressions et arrogances» occidentales américaines. Mais étant donné que Téhéran demeure un interlocuteur chiite incontournable pour les Américains en Irak, il est fort probable que Washington finisse hélas par s’accommoder d’un Iran nucléarisé au même titre que la Corée du Nord, car l’Iran n’est pas l’Irak. Aussi, Israël risque une fois de plus d’être obligé de faire ce que les Etats-Unis ne peuvent pas faire directement: des frappes chirurgicales ciblées sur les sites nucléaires potentiels iraniens. Mais l’opération, certes envisagée par l’état-major israélien, n’est pas garantie, car les sites iraniens sont disséminés partout sur le territoire iranien et enterrés en profondeur, ce qui rend une intervention préventive bien plus compliquée que celle de 1983 en Irak, lorsque l’arsenal nucléaire irakien avait été magistralement anéanti par l’aviation israélienne. Enfin, il est hélas fort probable que les Etats-Unis finissent par s’accommoder du programme nucléaire militaire iranien en échange d’une neutralité, voire d’une aide diplomatique et tactique en Irak.

LV: Bien devant l’Amérique, Israël semble être une obsession pour le monde arabo-musulman, une verrue à extraire. Comment analysez-vous ce phénomène?

ADV: Israël est une phobie et une obsession réelle, mais également un prétexte, puis un épouvantail mobilisateur destiné à détourner et exonérer perpétuellement les responsabilités des régimes corrompus et dictatoriaux en place dans le monde islamique.

Je m’explique. Gardons bien présent à l’esprit que les ennemis des Islamistes sont dans l’ordre:

1) Les régimes musulmans «traîtres» ou «apostats»: Ben Ali en Tunisie, Armée en Turquie, au Pakistan ou en Algérie, régime corrompu et vendus aux EU des Saoud en Arabie, etc.

2) Les «Croisés» (chrétiens) qui ont colonisé et agressé le monde islamique et continuent d’humilier ou profaner les territoires saints de l’Islam (La Mecque et par extension l’Arabie saoudite), bref les Etats-Unis.

3) Les pays qui «persécutent» les minorités musulmanes ou des membres de la Oumma anciennement libres: Inde au Cachemire, Chine au Xinjang, Macédoine et Serbie au Kosovo et à Tetovo, Russie en Tchétchénie et ailleurs, Israël en Palestine.

4) Le reste du monde «impérialiste», «impie», «païen» etc.

D’autres versions placent Israël en deuxième catégorie mais jamais en première. Bien sûr, je fais ici allusion aux buts de guerre et objectifs stratégiques réels des Islamistes, tels que leurs programmes les conçoivent et je ne parle pas de leur propagande destinée aux Palestiniens ou aux «progressistes» ou gauchistes révolutionnaires tiers-mondistes si nombreux à s’enflammer pour la cause palestinienne en Occident et dans le monde musulman et non musulman en général.

Ne soyons donc pas dupes: Al Qaïda, les Khomeynistes en Iran, les Islamistes indopakistanais ou le FIS en Algérie, en ont voulu aux Russes impies, aux Américains «impérialistes», aux Européens colonisateurs et aux Indiens polythéistes, bien avant et bien plus (quantitativement et historiquement) qu’au petit Etat d’Israël. L’Iran chiite, souvent allié des Hébreux depuis l’Antiquité jusqu’au Chah d’Iran, tout comme la Turquie également rivale des Arabes, n’ont jamais eu intérêt à combattre les Juifs et Israël, bien au contraire.

Les Islamistes iraniens ont fini par être pris au piège d’une rhétorique obsessionnellement antisioniste et judéophobe qu’ils avaient adopté au départ dans le cadre d’une stratégie de mobilisation et d’exportation de la Révolution islamique, mais à laquelle ils croyaient à peine. Les révolutionnaires iraniens ne firent au départ qu’instrumentaliser la cause palestinienne, «progressiste» par excellence, parce qu’elle avait l’avantage de mobiliser et séduire les révolutionnaires islamo-marxistes ou occidentalo-gauchistes du monde entier, d’où la popularité «progressiste» initiale de l’Ayatollah Khomeiny.

Les Chrétiens ne doivent surtout pas croire qu’en lâchant Israël ou en se désolidarisant des «sionistes», il sera moins visé par l’islamisme, car ce totalitarisme anti-occidental en veut aux mauvais musulmans, aux Croisés chrétiens et aux Infidèles indiens, avant d’en vouloir aux Juifs. Je pense donc que l’Islamisme n’en veut pas plus à Israël qu’aux Etats-Unis, car si Israël occupe Jérusalem et la Palestine, peu importante dans l’Islam orthodoxe, l’Amérique occupe l’Arabie dont un hadith du Prophète déclare qu’elle est comme une immense mosquée et qu’aucun infidèle ne peut normalement y résider, encore moins y avoir un pouvoir d’injonction ou militaire.

LV: La Tchétchénie, selon vous, représente-t-elle un des fronts de l’offensive djihadiste? Ou est-ce un prétexte pour Poutine pour régler un conflit récurrent?

ADV: Les deux mon commandant! Quoique, pour Poutine, il s’agit surtout d’éviter qu’une Tchétchénie éventuellement indépendante n’entraîne dans son sillage tout un mouvement indépendantiste ou irrédentiste au sein des territoires musulmans de la Fédération de Russie. La Tchétchénie abrite par ailleurs des tracés d’oléoducs fort stratégiques.

LV: Pensez-vous que la politique américaine, tant militaire que policière, soit à la mesure du péril islamiste?


ADV: Non, car les buts de guerre américains en Irak, qui impliquent de composer avec le voisin iranien, l’alliance stratégique EU-Arabie-Koweït et UE-Pakistan (pour contrôler l’Afghanistan et l’Asie centrale), puis la volonté de privilégier la Turquie en Méditerranée et dans le Caucase, empêchent Washington de désigner l’ennemi islamiste clairement et donc de combattre les vrais parrains et idéologues étatiques du totalitarisme islamiste: le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Koweït, financier des Frères musulmans, les confréries et partis islamistes turcs, actifs dans le Caucase, les Balkans et toute l’Asie centrale, puis l’Iran des Mollahs, Chef de file de la version chiite du «fascisme vert».

LV: Quez pensez-vous de l’entrée de la Turquie dans l’Europe? Et plus largement de la création d’un espace “euro-méditérrannée” si cher à Chirac? Est-ce la suite logique de “l’Eurabia” de Bat Yé’Or?

ADV: L’idée d’un espace euro méditerranéen n’est pas une mauvaise idée en soi, et je ne pourrais pas ne pas y être sensible en tant que fils de Pieds Noirs et descendant de Méditerranéens du Sud. Je pense même que l’on ne va pas assez loin avec des pays comme le Liban, Israël ou la Tunisie, qui mériteraient plus d’attention de l’Europe et plus de rapprochements et accords de coopération privilégiés. Par contre, lorsque la coopération légitime et souhaitable euro méditerranéenne devient un prétexte à l’immigration incontrôlée, au renoncement devant l’islamisme prosélyte et la porte ouverte à la dilution de l’Europe, je pense qu’il y a un réel danger, effectivement fort bien décrit par mes maîtres et amis Péroncel-Hugoz et Bat Yé’Or depuis trente ans déjà.

Bernard Lewis et Jacques Ellul, et même le très lucide Alfred Sauvy, avaient annoncé les dangers de la submersion de l’Europe par la déferlante arabo-islamiste dès lors que l’Europe renonça à contrôler raisonnablement ses flux migratoires et qu’elle abandonna lâchement à leurs tristes sort les minorités juives et chrétiennes persécutées dans les pays musulmans. C’est dans ce contexte qu’apparaît dans les années 70 la stratégie municho-pétrolière et gaullo-social-démocrate de «l’Eurabia», projet visant à faire littéralement de l’Europe un champ de conquête du tiers-monde arabo-musulman, ceci au nom d’intérêts pseudo géopolitiques et pétroliers, écrits noirs sur blanc dans la revue «Eurabia», consultable à l’Institut du Monde arabe et à la Bibliothèque nationale. Car ce concept, popularisé par Bat Yé’Or et Oriana Fallaci, n’est hélas pas une invention mais un projet «sérieux», concocté par des élites européennes totalement résignées à baisser la garde devant la montée du totalitarisme islamiste et de la revanche post-coloniale du tiers-monde…

Quant à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, ce projet rentre à la fois dans le cadre de cette stratégie munichoise visant à «prouver que l’Europe n’est pas un club chrétien», mais également dans le cadre des contradictions de la politique américaine d’endiguement de la Russie et de division de l’Europe, puis dans le cadre de la logique «anti-civilisationnelle» de l’Otan et des stratèges occidentaux qui escomptent d’abord contrôler l’Eurasie, puis l’approvisionnement énergétique de la Chine, grâce au contrôle des pays turcophones de production et de transit d’hydrocarbures. Puis, développer dans le «Nouveau Grand Moyen-Orient» une voie islamo démocratique originale mise au point par les post-kémalistes turcs et ayant vocation à arrimer les pays musulmans à l’Occident via le «Pont» turc et turcophone. J’ai montré dans «la Turquie dans l’Europe, un cheval de Troie islamiste?» (Les Syrtes, 2004), puis dans mon dernier livre écrit avec Emmanuel Razavi «Le Dilemme turc ou les vraies raisons de la candidature d’Ankara» (Syrtes, septembre 2005), en quoi ces visions d’apprentis sorciers sont à la fois dangereuses pour l’Occident, l’Union européenne puis pour les forces militaro kémalistes turques, dernières gardiennes de la laïcité kémaliste, mais ennemies jurées des «islamo démocrates» au pouvoir à Ankara et chouchoutées par Washington et Bruxelles.

LV: Vos études font apparaître d’étonnants liens entre mouvements d’extrême gauche, d’extrême droite et fondamentalistes. Comment expliquez vous ce phénomène?

ADV: Je vous renvoie pour cela à mon livre majeur «Le Totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties» (Syrtes, 2002), puis à mes écrits sur les Rouges Bruns Verts parus dans Politique Internationale, ainsi qu’aux travaux de Pierre André Taguieff et Jacques Tarnero (CNRS). Mais ces liens ne sont pas si étonnants que cela : Nazis, Fascistes antisémites, Communistes révolutionnaires et terroristes, et Islamistes radicaux, détestent les mêmes ennemis et les mêmes phénomènes: Etats-Unis, Israël, Sionisme, Capitalisme ploutocratique, Libéralisme, démocratie pluraliste, «impérialisme», «Occident» croisé ou colonial, Alliance Atlantique, consumérisme et liberté des mœurs, hédonisme, société de consommation, etc. Or, l’Histoire montre bien que les ennemis communs réunissent souvent bien plus que les amis, d’autant que les Etats et les entités géopolitiques n’ont jamais d’amis réels.

LV: Pensez-vous, comme Oriana Fallaci, que nous sommes, face à l’Islam, en conflit civilisationnel? En guerre?

ADV: Je ne le pense pas, je le déplore et je le constate, mais les Islamistes anti-occidentaux, qui en ont décidé ainsi, en instrumentalisant le traumatisme ressentimental post-colonial, ont bel et bien déclaré la guerre à l’Occident, certes à leur manière, mais bien réellement. Mais voilà, les Occidentaux, habitués à des menaces structurées et des ennemis identifiables, étatiques, possédant des divisions et des uniformes, n’ont pas encore compris ce qui se passe et surtout ce qui les attend… D’autant qu’à l’heure de l’utopie de la «citoyenneté du monde» et des belles idées pacifiques séduisant les masses occidentales, vautrées dans leur confort et ancrées dans une lâcheté structurelle, liée à la fois au traumatisme de la seconde guerre mondiale et à la dénatalité généralisée, qui fait que la rareté des vies augmente le prix de celles-ci, et donc renforce la peur de la mort et des risques, les Occidentaux culpabilisés, surtout les Européens, qui sont moins religieux et combatifs que les Américains, sont de plus en plus psychologiquement vulnérables face aux masses affamées et revanchardes du Tiers-monde islamique, et à leurs élites islamistes fanatisées et totalement décomplexées.

LV: Plusieurs millions de musulmans vivent France et en Europe. Comment éviter ce conflit? Comment sortir de ce que Rachid Kaci appelle la “république des lâches”?

ADV: En relançant une authentique et ambitieuse politique d’intégration fondée à la fois sur le respect des individus de toutes origines ethno religieuses et sur l’intransigeance en ce qui concerne les valeurs de la république. Bref, «tout en tant qu’individus et rien en tant que communautés», selon la formule républicaine célèbre qui a fait jadis le secret de l’intégration française et de la laïcité républicaine.

Je pense que la grande majorité des jeunes Français et européens, de religion ou d’origine religieuse musulmane, attendent de la République une intégration véritable, une égalité des chances et une reconnaissance individuelle, mais pas un enfermement dans les ghettos communautaires ou une pseudo intégration par barbus interposés. Je m’explique: La Droite Libre, Rachid Kaci et moi-même, avons suffisamment dénoncé les stratégies communautaristes qui ont conduit la France à la grave situation actuelle de panne de la machine à intégrer et au retour des démons religieux obscurantismes, que nous étions parvenus à éradiquer chez les Chrétiens et les Juifs depuis la IIIème République.

Le retour actuel du communautarisme religieux islamiste, et parfois autre, est la conséquence du renoncement des élites républicaines, confondues et désorientées par le dévoiement subversif du discours «antiraciste», habilement instrumentalisé par les Islamistes et leurs alliés d’extrême gauche (MRAP, MIB, certains mouvements trotskistes révolutionnaires, etc). C’est pourquoi, nous avons écrit à de nombreuses reprises dans le Figaro ou ailleurs: «la République n’est pas négociable, elle ne se propose pas elle s’impose». Il est aberrant d’associer à la politique «d’intégration», des organisations islamistes dont l’objectif avoué est d’empêcher l’intégration des jeunes musulmans aux «valeurs impies» de la République laïque. Il est complètement irresponsable de prétendre être «antiraciste» en encourageant les stratégies victimaires et communautaristes des islamistes et en jetant en pâture nos jeunes musulmans des quartiers aux organisations obscurantistes qui détestent pathologiquement nos valeurs! Il est temps de respecter les Musulmans majoritaires de notre pays et de leur proposer, ni plus ni moins, que ce qu’on a proposé aux autres enfants de l’immigration depuis toujours: la citoyenneté républicaine et l’affranchissement des individus vis-à-vis des groupes englobant et des communautarismes.

LV: Quelles seraient selon vous les mesures pratiques à prendre pour endiguer cet islamisme en France, en Europe et plus largement dans le monde.

ADV: Je crois avoir déjà répondu à cette question: encourager partout des démocrates musulmans, des organisations musulmanes tolérantes et partageant ou ne rejetant pas les valeurs des pays occidentaux, être impitoyables avec les intégristes subversifs et les islamistes anti-occidentaux et anti-républicains, ne pas se laisser subjuguer et culpabiliser par les discours prétendument «anti-racistes» des Islamistes et de leurs alliés Rouges, susciter des organisations de représentation de l’Islam national et européen, dirigées par d’authentiques partisans de l’intégration comme le Cheikh Bentounès en France, l’imam Palazzi en Italie, etc. Surtout, ne jamais céder sur nos valeurs fondamentales: droits des femmes, égalités des sexes et des religions, droit de changer de religion, de croire ou de ne pas croire, refus du prosélytisme agressif, liberté de conscience, etc.

LV: Croyez-vous que la récente décision de justice qui, contre la volonté d’un défunt musulman non pratiquant, refuse son incinération à la demande d’une ex-épouse, soit un signe de la capitulation de l’état face à l’Islam?

ADV: Ceci est une capitulation, non pas devant l’Islam, mais devant une vision orthodoxe et intolérante de l’Islam. Je dirais même que c’est une abdication de nos valeurs. Ce n’est pas l’Islam qu’il faut incriminer ici, car, après tout, les Musulmans orthodoxes ont bien le droit d’être attachés à des visions du monde différentes de celles des démocraties occidentales sécularisées. Ce qui est grave, c’est que de même que sous les Nazis, les Français et nombre d’Européens conquis, dénonçaient plus de Juifs ou de «mauvais» citoyens que ce que les Allemands demandaient eux-mêmes, de même, les Occidentaux culpabilisés ou munichois actuels, donnent plus aux fanatiques islamistes et à des Etats totalitaires comme l’Arabie saoudite ou des organisations comme les Frères musulmans, que ce que ces derniers espèrent obtenir eux-mêmes… J’en veux pour preuve l’édification à Rome, en 1990, de la plus grande mosquée, centre islamique saoudien d’Europe, destinée à «donner une bonne image de l’Islam», projet suscité et initié par le Chrétien-démocrate Giuglio Andreotti… De même, la quasi-totalité des terroristes et opposants islamistes radicaux recherchés par les gouvernements tunisien, syrien, algérien, marocain, égyptien, etc, sont réfugiés entre Londres, Chicago, Bonn, Paris, Madrid, Stockholm et Milan… Souvent même, bénéficiaires de statuts de «réfugiés politiques» et d’aides financières publiques…

La Rédaction. Libertyvox

Retour à la Une

© La Rédaction pour LibertyVox - Article paru le 22/07/2005 Imprimer cet article
URL de cet article = http://libertyvox.com/article.php?id=126