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Hommage à Charlie Chaplin

Le « Dictateur » est-il un film « nazismophobe » ? Un article de Ponocrates.

Charlie Chaplin, l’auteur de films, pas l’acteur Charlot, universellement célébré et à juste titre, mérite qu’on lui rende hommage aujourd’hui : un hommage, pas un éloge cinématographique ou littéraire, la meute des chiens de garde qui veillent à la pureté de la race Gallimard y trouveraient à redire et seraient capables d’exiger que fussent brûlés les films de Chaplin.

Il y a soixante-douze ans, en 1940, Chaplin terminait un film. Il y a donné pour titre « Le Dictateur ». Il aurait pu l’intituler « L’Innocence des nazis et des fascistes » ; ou encore « l’Innocence de MM Hitler et Mussolini », alias Hynker et Napoloni. Ces titres auraient été ironiques évidemment, comme l’est le titre du film récemment diffusé sur la toile : « L’Innocence des musulmans ». Entre ces deux films, celui de Chaplin et celui de Sam Bacile, il y a d’innombrables points en commun.

Les auteurs de l’un et l’autre films savent de quoi ils parlent, étant des témoins fiables, le premier parce qu’il était sensible aux malheurs des juifs allemands, le second en sa qualité de copte, de l’horreur des régimes politiques mis en place en Allemagne et dans les pays d’islam. Les exactions contre les juifs ont pris un tour massif à compter des nuits de cristal de 1938, ce dont les Français font aussi l’expérience depuis plus de vingt ans dans les quartiers islamisés et de la part de musulmans « innocents ». Les exactions contre les coptes ont commencé au VIIe siècle ; elles durent toujours et elles dureront jusqu’à l’extermination totale. Les analyses de Charlie Chaplin et de Sam Bacile, même si elles peuvent être dites « caricaturales », sont fondées sur une même expérience historique, courte dans le film de 1940 et très longue dans celui de 2012.  

L’un et l’autre de ces films sont des satires bouffonnes – le premier du nazisme et du fascisme (le type même du fasciste étant nommé Napoloni, perfide allusion à Napoléon, empereur des Français, ce qui n’a sans doute pas plu aux sectateurs de Napoléon, qui n’en ont pas pour autant mis la France à feu et à sang), le second de Mahomet et de l’islam. Il est évident que, d’un point de vue politique, réduire le nazisme (ou le fascisme) à la dictature d’un seul homme, ridicule et borné, haïssable et haineux, c’est faire un contresens sur ce qui s’est passé en Europe entre 1923 et 1945. Un système totalitaire, résumé par « un peuple, un empire, un guide », n’a rien à voir avec une dictature d’opérette, à quoi ce système est ramené dans le film de Chaplin. De même, l’islam ne peut pas être ramené à ce chamelier obsédé sexuel et pédophile, devenu chef de guerre et fondateur d’un vaste Reich, qu’a été Mahomet. L’islam est un ordre totalitaire imposé à des centaines de millions d’hommes qui s’étend partout dans le monde et qui n’est fort que de notre mollesse et de notre couardise. Ramener ces deux ordres juridiques et raciaux ou ethniques à une dictature, c’est faire du révisionnisme par ignorance.

D’un point de vue filmique, l’un et l’autre sont des navets, même si le film « L’Innocence des nazis » est sauvé par l’acteur exceptionnel qu’a été Charlie Chaplin, alors que, dans le film « Le Dictateur de 2012 », les acteurs qui jouent Mahomet et ses sbires se contentent de grimacer comme des pantins. On peut se demander si le quart d’heure ou plus d’images que l’on a vues de « L’innocence des musulmans » suffit à faire de ces images un film.   

L’un et l’autre de ces deux films ont été très mal « reçus » par les autorités. En 1940, le film de Chaplin a été interdit dans tous les pays d’Europe placés sous la coupe de MM. Hynker et Napoloni. Le seul pays où il ait été diffusé librement est le Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, qui n’étaient pas encore engagés dans la guerre, d’innombrables « voix autorisées » ont demandé qu’il soit interdit, avançant les mêmes arguments que ceux que l’on entend au sujet du film de Sam Bacile : ce n’est pas le moment, nous devons conserver de bonnes relations avec MM. Hitler et Mussolini, il serait amoral que soient choqués en Amérique les sectateurs de ces deux hommes politiques, etc. En bref, c’est ce que l’on entend ou que l’on lit aujourd’hui dans le monde dès qu’il est question du film de M. Sam Bacile.

Pourtant, il existe entre ces deux films une vraie différence qui ne tient pas à ce qu’ils montrent, mais aux réactions des journalistes, des critiques et du milieu intellectuel. Tous portent aux nues le film de Chaplin. Entretemps, il est vrai, c’est-à-dire entre 1940 et 1945, le troisième Reich s’est effondré ; il n’y a plus en Europe depuis 1945 de menace nazie – du moins pas d’autre menace nazie que celle de l’islam. Donc, les lâches de 1940 applaudissent, mais soixante-sept ans après la victoire, à « L’Innocence des nazis et des fascistes », qui est devenu, à leurs yeux et avec le temps, un « chef d’œuvre ». Mais, tout logiquement, les mêmes tiennent le film de Sam Bacile, qui aurait pu être intitulé « Le Dictateur » (de 2012), pour un navet. Le premier n’est jamais qualifié de nazismophobe ; le second n’est caractérisé que du seul islamophobe. Là est la différence, non pas dans les films, mais dans les points de vue qui sont exprimés sur ces films. Ce qui fonde ces points de vue, c’est la lâcheté. Les dévots et les bien pensants saluent dans le film de Chaplin une critique « géniale » du nazisme et du fascisme qu’ils tiennent pour nulle dans le film de Sam Bacile. C’est sans doute la version moderne de « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».

© Ponocrates pour LibertyVox

 

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© Ponocrates pour LibertyVox - Article paru le 01/10/2012 Imprimer cet article
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