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Merci, Monsieur de Villiers

Une courte recension du dernier livre de Philippe De Villiers. Par Mattheus.

 Je viens de lire « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu », le livre de Philippe de Villiers, d'une traite. Trois heures de lecture ininterrompue, tant il est passionnant.

Notons qu'il a d'abord une belle plume, ce qui ne gâche rien en cette époque de Français si malmené. Surtout, le contenu est primordial pour comprendre les enjeux contemporains et les défis que nous allons devoir relever.

Certes, pour ceux qui, d'une façon ou d'une autre, sont déjà convaincus, il peut sembler enfoncer des portes ouvertes. Mais connaître de l'intérieur les turpitudes de nos dirigeants est toujours édifiant. On sait combien Zemmour lui-même s'est souvent et brillamment livré à cet exercice... Les portraits, fussent-ils à charge, ne sont jamais manichéens, prenant en compte la complexité des hommes. De Villiers n'a pas la prétention de sonder les coeurs ni les reins, il se contente juste de décrire ce qu'il a vu, d'exprimer ce qu'il a ressenti. Son tableau de Chirac ou encore celui d'un Pasqua, ne sont pas dénués de tendresse ; celui de Mitterrand surprend le lecteur de par la fascination qu'il semble avoir exercé sur l'auteur.

Surtout, au-delà des anecdotes, moelleuses ou croustillantes, de l'humour plaisant, de l'ironie souvent mordante, du sens de la formule mis au service des ses désillusions sur la politique politicienne, il y a une âme qui surnage, celle d'un homme à la vision d'État, bafouée par les pitreries idéologiques du monde du spectacle politisé. Une hauteur de vue digne de ces grands serviteurs d'Ancien Régime dont l'étincelle s'était transmise, peut-être par inertie, après 93, aux républicains patriotes qui avaient la France à cœur, de Clemenceau jusqu'à de Gaulle et Pompidou.

Patriotisme d'une France charnelle qui commence avant les Lumières ; défense farouche de l'indépendance et de la souveraineté nationales ; refus épidermique des hégémonies et des féodalités.

Par-dessus tout, il y a la figure tutélaire de Soljenitsyne, qui infuse de son oeuvre féconde la dernière partie de l'ouvrage, et lui confère une altitude spirituelle qui prend les accents de Péguy, Jünger ou Raspail. Son accent mis sur la primauté du politique (contre l'économie, contre le sociétal, etc.) est une indication du chemin à suivre.

Il apparaît plus que jamais (ainsi que dans ses nombreuses interviews récentes) comme un homme sincère et intègre qui a la pudeur d'évoquer ses fêlures à-demi mots. Il est pessimiste, mais pas désespéré, là où d'autres sont désespérés sans prendre la peine d'être pessimistes.

Face au rouleau compresseur mondialiste, qui est la nouvelle Roue Rouge qui menace demain de nous broyer jusque dans l'accomplissement de projets post-humanistes démoniaques, il convoque, comme un leitmotiv, la parole du Maître russe qui l'a tant marqué, et qui doit nous faire méditer à juste titre :  "Hier, les dissidents étaient à l'Est, aujourd'hui, ils sont à l'Ouest".

 

© Mattheus pour LibertyVox

 

 

 


 

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© Mattheus pour LibertyVox - Article paru le 27/10/2015 Imprimer cet article
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