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Biographies larmoyantes

« En 1945, les collabos étaient pourchassés. Soixante-dix ans plus tard, ils tiennent le haut du pavé ». Baro Tinderbert

A compter du 8 mai 1945, les journaux, radios, films, magazines, chaînes de télévision balbutiantes, etc. - en bref tous les médias d'alors, qu'ils soient allemands, autrichiens, hollandais, français, américains, anglais, etc., ont diffusé de jolis reportages sur l'enfance et la jeunesse d'Adolf, Hermann, Joseph, Wilhelm, Klaus, Martin, Alfred, etc., reportages mêlés de témoignages de proches, d'analyses d'experts, d'études de professeurs d'université. Les auteurs de ces reportages employaient les mêmes mots, répétaient les mêmes phrases ou les mêmes éléments de langage, comme disent aujourd'hui les spécialistes de com., recouraient aux mêmes métaphores. 

Tous ces Adolf, Hermann, Joseph, Wilhelm, Klaus, Martin, Alfred, etc. étaient, aux dires des voisins, des camarades de classe, des connaissances et, bien entendu, des membres de la famille, des compagnes, épouses ou maîtresses, petites amies, de très gentils garçons, polis, bien élevés, toujours tirés à quatre épingles, sains de corps et d'esprit, faisant de solides études et aimant le sport, la vie en plein air, la nature, les animaux. Jamais ils n'auraient fait le moindre mal, fût-ce à une mouche. Les témoignages ont été innombrables et tous convergeaient dans un même sens : ce qui était arrivé était inattendu, étonnant, inouï, inconcevable. Les très dignes maîtres d'école et les sévères professeurs de ces chenapans ont exprimé leur incompréhension. Même les curés et les pasteurs, qui avaient observé ou suivi leur vie spirituelle, ont décrit des jeunes gens aimant Dieu, faisant régulièrement leur prière, assidus au culte, soucieux d'harmonie sociale et désireux d'aider les pauvres... 

Le 9 mai 1945, dans le quotidien Ouest-France, a été publié un poème en vers de mirlitons, dédié à "un ami nazi", qui récusait la nazismophobie comme la pire maladie qui ait jamais atteint l'âme humaine. Le journal Le Monde n'a pas voulu être en reste : le 12 mai, c'est un poème macaronique "à un ami raciste" qui a été publié à la Une, dans lequel la racismophobie était décrite comme un poison mortel. Les victimes ou les survivants, qui ont accepté de témoigner, ont généreusement pardonné à leurs bourreaux en demandant à leurs compatriotes de ne pas faire "d'amalgame" et de protéger le vivre ensemble, comme on dit aujourd'hui. Interrogés, les hommes politiques n'ont pas récité les ritournelles d'adjectifs habituels et fort attendus, tous ces "insupportable", "inadmissible", "intolérable", "inacceptable" dont ils nous rebattent les oreilles, mais ils ont exprimé le souhait courageux que ces crimes, qui les indignaient et même les révoltaient et qu'ils condamnaient, cela allait sans le dire, avec la plus extrême fermeté, ne se reproduiraient jamais. 

Certes, quelques voix discordantes se sont fait entendre. De rares témoins ont constaté que ces jeunes gens avaient parfois un comportement étrange : mais à leur âge, qui peut se vanter de toujours traverser les rues dans les passages cloutés ou de s'arrêter au feu orange ? Un austère professeur d'université, titulaire d'une chaire de psychologie, a évoqué, mais avec une prudence de rombière, l'hypothèse d'une mésentente entre les parents ou d'une rupture sentimentale douloureuse pour expliquer les dérives constatées. Un Américain, expert en âme humaine, qui avait lu Freud, dont on avait commencé à traduire les oeuvres en anglais, a avancé une autre hypothèse, plus audacieuse encore, et que tous les journalistes ont répétée à satiété, celle de pulsions sexuelles refoulées et peut-être même d'attirance coupable pour des individus de même sexe... 

Evidemment, tout cela est fictif. A partir du 8 mai 1945, il ne s'est rien produit de tel. Bien au contraire. Les compatriotes d'Adolf, Hermann, Joseph, Wilhelm, Klaus, Martin, Alfred, etc. ont ravalé leur honte en reconnaissant non leur culpabilité, mais leur responsabilité. Ils ont renié publiquement tous les livres, articles, textes, propagandes, idées, thèses, slogans, etc. qui ont inspiré ces Adolf, Hermann, Joseph, Wilhelm, Klaus, Martin, Alfred, etc., et ils ont promis que cela ne se reproduirait pas. Soixante-dix ans plus tard, ils ont tenu parole. 

En 2016, tout a changé. Ce qui en mai 1945 aurait été tenu pour le comble de l'esprit de collaboration est devenu la règle des médias. Les Adolf, Hermann, Joseph, Wilhelm, Klaus, Martin, Alfred, etc. de 1945 se nomment Mohammed, Omar, Laroussi, Medhi, Amadou, Abdelkader, etc. Ils sont encore plus racistes que leurs prédécesseurs et plus cruels, plus barbares, plus résolus que ne l'étaient les Groupes d'intervention ou Einsatzgruppen du IIIe Reich. Outre les noms des tueurs, leur nationalité ou leur religion, ce qui a changé, c'est la position des médias et de leurs larbins politiciens. Journaux, télévisions, radios diffusent en boucle le même concert de prosternations, de compassions (pour les tueurs évidemment), d'excuses, d'admirations secrètes, de biographies larmoyantes, de témoignages à décharge, etc. de la famille, des épouses et petites amies, des amis, des connaissances, des maîtres d'école, des élus locaux et des imams. Tous fredonnent le même air : gentils garçons, bien élevés, pieux et même très pieux, piliers de mosquées et de salles de prière, fraternels, exigeants, dignes, ayant le sens de l'honneur, courageux, désireux de servir Allah. Tous ont ou auraient trouvé dans l'islam la juste voie et seraient devenus de vrais hommes, conformes au beau modèle que leur fournit Mahomet. 

Quelques experts interviennent pour avancer l'hypothèse de l'exclusion, du chômage, du racisme, de la malchance, du mauvais oeil, dont eux et leurs familles auraient été les victimes (de la part de qui ? Cela n'est jamais dit : gouvernants arabes qui les ont poussés à l'exil ou islam qui les humilie sans cesse ?). Les journaleux s'apitoient, les politiciens les singent : c'est à qui se soumettra le premier et qui sera le premier à se prosterner aux babouches des tyrans. A vomir.

En 1945, les collabos étaient pourchassés. Soixante-dix ans plus tard, ils tiennent le haut du pavé.

© Baro Tinderbert pour LibertyVox

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© Baro Tinderbert pour LibertyVox - Article paru le 15/06/2016 Imprimer cet article
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