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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 04 Fév 2011, 15:25 
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Inscrit le: 05 Avr 2007, 20:57
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Localisation: Moyen Orient
http://www.israel-infos.net/Un-bateau-francais-pour-forcer-le-blocus-de-Gaza-6079.html

Un bateau francais pour forcer le blocus de Gaza
par Gerard Fredj Numéro 968 - 04.02.2011

Une soixantaine d'associations pro-palestiniennes de la région. de Roubaix, comptent affréter un bateau qui rejoindra une flottille internationale afin de briser le blocus de Gaza.

Cette flottille devrait compter beaucoup plus de navires (une quinzaine contre huit l’année dernière) que celle de Mai 2010, et a des visées clairement plus politiques qu’humanitaires.

Les européens devraient être très présent et selon un Porte parole du collectif « Si on se heurte aux Israéliens, nos gouvernements seront bien obligés d'intervenir et d'imposer à Israël la levée du blocus », écartant d’emblée l’idée de faire transiter les cargaisons humanitaires par Égypte.

L'objectif serait même d'aller au devant de l'incident pour obliger les gouvernements européens à prendre position.

Le collectif entame un « Gazathon », un tour de France pour recueillir les 450 000 euros permettant d’affréter le navire. Le Parti communiste et les Verts font partie du collectif, le MRAP est chargé de coordonner la collecte des fonds.

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“Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bien ne fassent rien.” E. Burke


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 04 Fév 2011, 16:17 
Africanus Rex
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Localisation: Entre Poitiers et Covadonga.
De Roubaix, première ville musulmane de France, qui peut s'en étonner ?

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VIS ET HONOR
-Ne pas subir
-Frapper l'ennemi c'est bien. Frapper l'imagination c'est mieux (deux maximes attribuées au Maréchal de Lattre de Tassigny)


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 08 Fév 2011, 19:20 
Administrateur
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Inscrit le: 30 Avr 2005, 02:16
Messages: 6699
itrophe a écrit:
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-colomes/printemps-arabe-le-risque-est-pour-demain-05-02-2011-135941_55.php

Printemps arabe, le risque est pour demain
Par Michel Colomès. Le Point.fr - Publié le 05/02/2011 à 09:52 - Modifié le 05/02/2011 à 19:10

La menace islamiste n'est pas qu'un fantasme des Occidentaux.

Ce printemps en hiver qui, de proche en proche, semble gagner tous les pays arabes du nord de la Méditerranée est évidemment un évènement aussi inattendu que fabuleux pour les idéaux démocratiques qui sont les nôtres. Voir après plusieurs dizaines d'années s'effondrer des régimes autocratiques, parfois brutaux et toujours corrompus, est une grande satisfaction pour tous ceux qui ne tiennent pas la déclaration des droits de l'homme pour une simple proclamation d'intention.

Constater, de plus, que ces manifestations sont, pour l'essentiel le fait de jeunes gens de la génération internet dont les mots d'ordre se transmettent grâce aux sites Facebook ou Twitter est le signe indéniable de la modernité d'un mouvement dont beaucoup croyaient qu'il ne pouvait jamais surgir dans ces pays arabes toujours prêts à s'enflammer pour d'autres causes plus ou moins défendables, mais pas pour des aspirations de liberté. De même qu'en 1989 on ne pouvait pas imaginer que les peuples d'Europe de l'Est viendraient à bout du mur de Berlin grâce à leur seule détermination, et entraîneraient dans la foulée la fin d'un empire communiste dont, depuis plus de quarante ans, les accès de mauvaise humeur ou de folie nous faisaient trembler.

Premier acte

Pourtant, quitte à prendre le risque de jouer les rabat-joie, il faut bien rappeler qu'en Égypte, comme en Tunisie, et encore plus au Yémen ou en Jordanie, ce qui vient de se passer n'est que le premier acte d'un grand chambardement dont la fin est loin d'être écrite et les bénéficiaires pas forcément ceux que l'on espère. Les mouvements qui sont en embuscade derrière les sympathiques manifestants du Caire ou de Tunis ne sont pas forcément ceux que l'on peut souhaiter voir demain remplacer les dictateurs mis en fuite par la rue.

Les islamistes, puisqu'il faut bien les appeler par leur nom, ne sont pas, loin s'en faut, des parangons de démocratie, des défenseurs des droits des femmes et des libertés publiques, ni des amis naturels de l'Occident. Il n'y a qu'à voir ce qu'est devenue depuis 1979 et le retour de Khomeini la République islamique d'Iran.

Le cas Israël

En Égypte, par exemple, la menace des Frères musulmans ne doit pas être uniquement tenue pour un fantasme qui permettait à l'Occident de se donner bonne conscience en soutenant une dictature maladroite et à bout de souffle. Les Frères musulmans sont le seul groupe d'opposition constitué du pays. Bien qu'ils n'aient pas participé aux dernières élections, on estime leur capacité de mobilisation à 30 % au moins de la population. Mohamed El Baradei, qui semble avoir accepté de jouer leur parrain, dit qu'ils ont bien changé, que leur action auprès des pauvres et des sans-abri témoigne de la modestie et de l'altruisme de leurs ambitions. Mais leur réseau d'aide sociale leur a aussi permis de noyauter toutes les couches populaires. Le loup ne sait-il pas toujours faire patte de velours pour endormir la méfiance du chaperon rouge ?

Car ce mouvement des Frères musulmans, aujourd'hui, dit-on, bien raisonnable, a tout de même enfanté le Hamas, dont l'intransigeance a toujours empêché les Palestiniens d'avoir les coudées franches pour mener jusqu'à leur terme les négociations avec Israël. Et s'il dit avoir renoncé à l'action armée à l'intérieur des États arabes, il reste totalement mobilisé contre Jérusalem. Il a pour programme un État islamiste dont la charia serait la loi et dont le premier acte, s'il arrivait au pouvoir, serait probablement de dénoncer le traité de paix signé par Sadate avec les Israéliens en 1979. Un acte qui déstabiliserait le Proche-Orient, qui n'en a pas besoin. Car après avoir vu le Hezbollah, manipulé par l'Iran, s'installer à sa frontière nord, Israël assisterait à la naissance d'un État islamiste à sa frontière sud. Pour donner des complexes d'encerclement, on ne peut guère faire mieux. Les Israéliens vont finir par espérer, ce qui serait un comble, que leur ennemi de toujours, le Syrien Assad, ne soit pas lui aussi emporté par la rue.


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 10 Fév 2011, 08:48 
Du Crime
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Inscrit le: 21 Aoû 2006, 19:43
Messages: 5995
Localisation: dans la jungle
Sarko au pique nique du CRIF... en disant tout et le contraire de tout, il est sûr de ne pas se tromper.
:ok:
"Les manifestants de Tunisie ou d'Égypte n'ont pas crié "à bas l'Occident, à bas l'Amérique, ou à bas Israël. Ils n'ont pas prôné un retour vers le passé d'un âge d'or islamique mythifié. Ils ne se sont attaqués à aucune minorité", a-t-il fait valoir.

Mais "je me garderai bien de conclure trop vite", a toutefois ajouté le président car "qui peut dire quelles seront les étapes à venir ? Nous avons déjà eu tant de mal à distinguer les étapes précédentes ! Qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires ? Personne", a-t-il dit.

_________________
L'homme pense et Dieu rit
Cioran


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 10 Fév 2011, 10:55 
Quel homme sage, :rofl: soudain... Un peu tard mais vieux motard que j'aimais... :glou: L'un de ses spin doctors a dû lui dire qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours... :sif:

En tout cas, finis les beaux séjours avec Carla dans les suites de mille et une nuits !

Mais, je me garderais bien de conclure trop vite... peut-être fait-il juste semblant ? :rock: Est-ce qu'il y avait du saucisson au pique-nique ? Non ! Ah, ce n'était pas très gaulois alors.


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 19 Fév 2011, 02:10 

Inscrit le: 01 Mai 2006, 16:35
Messages: 1008
http://www.menapress.org/les-yeux-ouverts-info-011802-11.html

Les yeux ouverts
Par Stéphane Juffa vendredi, 18 février 2011 (info # 011802/11)

Deux navires de guerre iraniens, faisant mouvement en Mer Rouge, s’apprêteraient à traverser le Canal de Suez en route pour le port syrien de Lattaquié. C’est la première fois, depuis 1979, que des bâtiments militaires perses emprunteraient la voie d’eau. L’annonce faite par le gouvernement israélien, qui considère cet acte comme une "provocation de la part de la "République" Islamique", a été infirmée par les autorités égyptiennes en charge du Canal, mais elle a été reprise par le Président Barack Obama en personne. A noter que le Caire n’entretient pas de relations diplomatiques avec Téhéran.

A Jérusalem, on n’apprécierait pas du tout se trouver à portée de tir de la marine d’Ahmadinejad, même si on prévoit d’encadrer les bateaux de très près, quitte à les envoyer par le fond à la moindre manœuvre hostile. Mais ça n’est pas un acte suicidaire que redoutent le plus les décideurs hébreux : officiellement, les deux unités doivent participer à des exercices en compagnie de ceux de Béchar Al Assad, mais qui sait ce que leurs cales recèlent ? Et personne n’a émis l’intention de contrôler leur chargement, en dépit des résolutions du Conseil de Sécurité imposant un boycott de toutes les importations et exportations d’armes impliquant la Perse.

La perspective d’armes iraniennes supplémentaires au profit de la junte au pouvoir à Damas ou de ses affidés au Liban n’emballe évidemment pas l’état-major de Tsahal, qui craint encore davantage une présence perse permanente dans le bassin est-méditerranéen. Dans l’"ancienne Egypte", on traitait ce genre de problème grâce au téléphone rouge, qui liait en permanence le bureau d’Ehud Barak à celui d’Omar Suleiman. Désormais, personne ne répond plus, au Caire, au bout de cette ligne.

Signe des temps ? Du "Printemps" arabe en plein hiver ? Pas entièrement. C’est plutôt l’expression de l’indécision qui règne sur les bords du Nil et au sein du conseil militaire censé gouverner le pays des pharaons. A ce titre, les observateurs devraient éviter de porter aux nues la "retenue" qu’aurait observée l’armée égyptienne lors des récents événements et se demander à quel point cet énorme appareil désarticulé répond encore aux ordres de ses officiers. A Métula, on sait qu’à plusieurs reprises, il fut ordonné aux soldats de disperser la foule ; sans faire usage de leurs armes à feu, certes, mais depuis quand cinq cent mille militaires professionnels, et autant de policiers, ont-ils besoin de fusils mitrailleurs pour repousser un nombre quasi équivalent de manifestants ?

Et pourquoi, alors qu’ils étaient sur place, les militaires n’ont-ils pas empêché les pillards de s’emparer d’objets inestimables dans le Musée du Caire, des morceaux d’histoire appartenant au patrimoine de l’humanité. Les rapports indiquent que des soldats membres d’unités d’élite ont côtoyé les voleurs, dans la principale salle d’exposition, plusieurs heures durant sans intervenir. Les nouvelles en provenance du Sinaï ne sont pas moins alarmantes ; hormis la station balnéaire de Sharm El-Cheikh, où le dictateur écarté semble vivre ses derniers jours selon des sources arabes concordantes, l’intérieur du désert, et la région frontalière d’Israël et de la Bande de Gaza sont toujours abandonnés à la loi des bédouins, des miliciens du Hamas et à la mouvance islamiste armée, qu’on appelle – sauf à la Ména – Al Qaeda.

En fait de débonnaireté de la troupe, nous croyons qu’elle fait plutôt ce qu’il lui plaît, ou ce qu’elle peut, au coup par coup, et que les décisions se prennent au niveau du terrain et non de l’état-major. Comment s’en étonner, quand on sait que, sous Moubarak, la discipline et l’efficacité n’étaient pas beaucoup plus respectées par les soldats. Pour preuve, maintes fois évoquée dans ces colonnes, leur incapacité absolue à prévenir la contrebande avec Gaza, sur une portion de frontière de onze kilomètres, et malgré les moyens coûteux et sophistiqués fournis par des puissances occidentales. A ce manque de réactivité endémique, il convient d’ajouter le grand vide transitoire qui règne au sommet du pouvoir. Depuis le départ de Moubarak et d’Omar Suleiman, on n’a toujours pas aperçu le visage d’un général qui prendrait ses responsabilités au faîte de l’édifice politico-militaire. A-t-on déjà observé un pays de quatre-vingt-deux millions d’individus, en pleine crise, gouverné par une organisation sans chef véritable visible ?

Il faut également majorer notre observation en lui intégrant le fait que l’armée égyptienne comptait, à ses plus hauts échelons, un nombre impressionnant d’officiers corrompus. Où se trouvent-ils désormais ? A quoi s’affairent-ils ? Quand et par qui seront-ils remplacés ? On le comprend sans trop de difficulté, le delta du Nil vit des moments durant lesquels le vide décisionnel n’a pas encore été comblé. L’Egypte se trouve en état de choc, plongée dans une quasi anarchie ; privée de ses revenus touristiques et de ceux provenant de ses exportations de gaz, qui lui permettaient de survivre tant bien que mal.

La semaine prochaine, des ministres européens se réuniront au Caire pour envisager des moyens de fournir une aide économique d’urgence à une révolution exsangue. Quant aux Etats et organisations hostiles alentours, ils profitent évidemment de ce vide. Des terroristes condamnés et emprisonnés au Caire sont réapparus à Gaza, à la tête du Hamas, et à Beyrouth, à celle du Hezbollah. La contrebande d’armes à Gaza profite à plein de la situation portes ouvertes engendrée par la chienlit ambiante. Hosni Moubarak affirmait vouloir se maintenir afin, disait-il, d’empêcher le chaos. D’autres, philosophes, parleront d’une période de flottement inévitable, qui suit les changements abrupts de régimes. L’avenir tranchera, et nous ne nous empresserons pas d’affecter une interprétation stratégique aux transports de réfugiés égyptiens qui commencent à aborder sur les côtes européennes.

Pour savoir vers quoi se dirige le peuple des pyramides, il va falloir attendre un peu, et ne pas le priver de son droit de rêver à la liberté. Ce, même si, ici, nous croirions davantage à ses chances si les foules avaient évoqué, au titre de leurs revendications en matière de droits fondamentaux, la cessation immédiate de l’excision des femmes, ainsi que le droit à l’alphabétisation ; et pas uniquement leurs appels entendus au démembrement du parlement et à des changements constitutionnels. Celui qui peut prédire l’avenir du plus peuplé des pays arabes est incontestablement un grand devin ; nous, de rappeler, sans la moindre hésitation, qu’il importe de ne pas tout mélanger, et que seul un tournant vers la laïcité et l’arrêt des pratiques barbares peut être considéré comme une révolution dans l’intérêt des personnes, tandis que leur maintien et, en tous les cas, un "plus de religion", doivent être assimilés à une régression et une restriction de libertés.

Il n’y a pas de contrée dominée par l’islam où les gens vivent heureux, dans lesquelles les femmes jouissent de leurs pleins droits d’êtres humains, et où les minorités ethniques et religieuses ainsi que les communautés homosexuelles ne sont pas opprimées. Ca n’est pas faire de l’ethnocentrisme que d’affirmer qu’il n’existe qu’une seule direction allant vers l’amélioration du statut de l’être humain et que celle-ci passe obligatoirement par le respect des droits de l’individu, de sa place au centre de la société et la reconnaissance du libre arbitre du citoyen. Personne ne nous convaincra que l’excision est un droit, une purification de la femme, un acquis médical ou toute autre foutaise du même acabit. Tout comme l’obédience obligatoire à une foi ne saurait, en aucune circonstance et sous aucune latitude, être considérée comme un droit. C’est la liberté de ne pas suivre les préceptes d’une croyance et les volontés de ses prêtres qui en est une. Nous tenons, jusqu’à l’observation de la preuve pratique du contraire, ces considérations pour universelles.

Et nous regrettons les images de Jihane el-Sadate, la veuve du Président assassiné par les islamistes, qui la montraient en train de distribuer des préservatifs aux hommes égyptiens. Dans un pays comme le sien, où il naît un million d’enfants l’an, il est évident que le combat incontournable contre la misère passe par la régulation des naissances et contre ceux qui s’y opposent. Faute de quoi, la misère, l’illettrisme et les mutilations inhumaines vont se perpétuer ; lors, nous ne croyons guère aux miracles en matière de développement : la misère est le principal obstacle à la démocratie, son antidote la plus efficace. Ceci exprimé sans concession à l’atmosphère ambiante, on remarque que le mouvement de protestation dans le monde arabo-musulman s’articule autour de préoccupations très différentes selon l’endroit où il fait irruption. Au Yémen, il semble motivé par un rejet de l’autocrate Ali Abdullah Saleh, sur des motivations proches de celles qui animent les Egyptiens. En Libye et en Iran, les manifestants s’en prennent à des dictatures se réclamant d’inspiration coranique ; tandis que sur l’île de Bahreïn, dans le Golfe, à quelques miles des côtes persanes, la révolte très organisée des chiites contre la dynastie bicentenaire des Al-Khalifa est l’œuvre des agents khomeynistes.

Ce constat, pour dénoter que c’est effectivement le fonds de colère – longtemps retenue - des gens contre les pouvoirs discrétionnaires qui s’exprime et qu’il n’y a pas d’unicité dans la direction dans laquelle souffle le vent de révolte. La déstabilisation peut ainsi régner, terreau fertile de tous les corps organisés visant la domination de telle ou telle contrée désorientée. Cet état de fronde peut aussi s’installer pour plusieurs années et plonger des populations dans des situations de violence extrême, qui précéderaient leur éventuelle reconstruction. A ce jeu du rien ne va plus, le corps constitué momentanément victorieux est sans doute possible celui des ayatollahs iraniens, à la condition qu’ils parviennent à maîtriser la contestation qui reprend dans les rues de Téhéran (et dont nous proposerons un compte-rendu circonstancié et exclusif très prochainement). Connaissant leurs méthodes de répression, il semble que, sur ce point au moins, on puisse faire confiance aux dictateurs islamiques de Téhéran.

Quoi qu’il en soit, la junte théocratique ne fait pas qu’envoyer des navires en Méditerranée ; elle s’est également assuré la domination du Liban par des moyens presque démocratiques et a relancé ses neuf mille centrifugeuses à plein régime, dans son usine d’enrichissement de Natanz. Il apparaît, selon des comptes-rendus d’experts internationaux crédibles, que les dégâts occasionnés par le virus Stuxnet l’été dernier auraient été réparés, et que la bombe atomique chiite se soit remise à progresser. Quant à Stuxnet, on peut enfin dire sans se tordre la langue, qu’il s’agit d’une arme informatique mise au point par les Israéliens. C’est le chef d’état-major démissionnaire de Tsahal, le général Gabi Ashkenazi, qui l’a confié cette semaine à nos confrères d’Haaretz. Reste que Jérusalem est plus isolée que jamais dans sa détermination d’empêcher les ayatollahs de parvenir à leurs fins nucléaires. D’abord, parce que l’Etat hébreu est en train de perdre ses appuis providentiels dans le monde arabe à l’occasion de l’actuel brouillage de cartes. Ensuite, parce qu’Israël est l’alliée du grand perdant de ce début de période de révolte dans la sphère arabe, je veux parler, bien sûr, des Etats-Unis d’Amérique.

Au Liban, comme nous l’avions prédit, les menaces et les assurances d’Hillary Clinton n’ont pesé d’aucun poids sur le cours de la prise de pouvoir par les supplétifs de Damas et Téhéran. Les garanties données à Joumblatt par Washington se sont révélées moins persuasives que les menaces de mort que lui a transmises le chef du Hezbollah ; c’est ce transfuge qui a fait basculer la majorité parlementaire et permis la nomination de l’adepte de la "Grande Syrie", Nagib Mikati, au poste de 1er ministre. En Egypte, ce sont les Etats-Unis qui ont persuadé les généraux de remplacer Moubarak ET Suleiman "sans délai", et d’entamer la procédure de transition, sans posséder la moindre assurance qu’elle se terminera en faveur des intérêts de Washington dans la région.

Dans la dispute israélo-palestinienne, les USA ne sont parvenus ni à infléchir Benyamin Netanyahu sur la question du gel des implantations, ni à persuader les Palestiniens de revenir à la table des négociations, et surtout, à les dissuader de court-circuiter Washington en axant dorénavant leur effort diplomatique sur l’ONU. Cette nuit, Barack Obama s’est entretenu téléphoniquement durant une heure avec Mahmoud Abbas, sans parvenir à obtenir qu’il retire la proposition de résolution que les Etats arabes s’apprêtent à proposer au Conseil de Sécurité. Un draft qui condamne la politique israélienne dans les territoires et qui empiète sur l’entreprise diplomatique étasunienne en vue de solutionner le différend israélo-palestinien. Obama considère ce projet de résolution comme une offense personnelle et a donné des instructions à son ambassadeur pour opposer le veto de l’Amérique. Barack Obama, qui paraît émotionnellement impliqué dans les événements actuels, et qui a même réussi l’exploit peu ordinaire de faire sortir de ses gonds et de sa discrétion légendaire le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, qui, lors d’un choc frontal avec le pensionnaire de la Maison Blanche, avait promis de remplacer intégralement l’aide économique fournie par les Etats-Unis à l’Egypte, au cas où Washington l’interromprait, comme elle menaçait de le faire si Moubarak refusait de partir.

Constatation : l’Amérique perd pied au profit de ses ennemis au Moyen-Orient, et, ce qui est plus fâcheux encore pour la seule superpuissance du globe, elle a égaré son pouvoir de convaincre ceux qui rechignent à entendre sa raison. Même quand il s’agit de ses "amis". La voix du Président des Etats-Unis ne fait plus trembler personne ; personne ne croit plus en la réalisation de ses promesses ni de ses menaces. On a nettement l’impression qu’il existe deux USA, ceux du Présidents et de la Secrétaire d’Etat, confus et insondables, et ceux des chambres et de l’armée, qui poursuivent la politique traditionnelle de l’Oncle Sam. Pour les observateurs professionnels, c’est Barack Obama qui a "donné l’ordre" aux généraux égyptiens, formés aux Etats-Unis et équipés par eux, de prendre les choses en main.

On a vu un Obama réjoui multiplier les points de presse et idéaliser la révolution égyptienne et les manifestants comme s’il était directement concerné. Depuis, il s’est engagé à reconsidérer les relations de son pays avec les Frères Musulmans, oubliant, au passage, qu’ils avaient plébiscité les attaques du Onze Septembre, ainsi qu’élevé au rang de martyrs les assassins qui avaient ôté la vie à près de 2500 de ses compatriotes. Pendant ce temps, Hillary Clinton appelait le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, pour lui dire son inquiétude après la dispersion par sa police des protestataires chiites qui occupaient la place principale de Manama. Certes, quatre manifestants réclamant la chute du régime ont été tués lors de cette intervention, mais la Secrétaire d’Etat US ignore-t-elle que les côtes iraniennes sont situées à moins de 190 kilomètres de Bahreïn, et que Téhéran n’a jamais dissimulé son ambition territoriale visant à annexer l’île, ses gisements de pétrole et ses cultures de perles ?

Suite à l’appel de Madame Clinton, les Bahreïni ont organisé hier, dans l’urgence, une réunion des leaders arabes voisins, à l’issue de laquelle ces derniers ont affirmé leur soutien pour la réaction du roi et vivement dénoncé l’étrange tentative d’ingérence de l’Amérique. Phénomène hors du commun, un journaliste de Bahreïn est intervenu sans utiliser de pseudo sur la radio nationale israélienne afin d’y expliquer le point de vue de son gouvernement. A l’entendre, on pouvait discerner que les Emirats du Golfe ne faisaient plus confiance à Washington pour les protéger contre les mauvaises intentions perses, et qu’ils étaient prêts à se tourner vers l’adversaire israélien pour trouver quelque réconfort.

L’administration Obama a également exprimé son soutien aux manifestants iraniens, mais de manière toujours trop polie et respectueuse pour la dictature des ayatollahs ; aucun appel à "quitter immédiatement le pouvoir" ne leur a été adressé, comme ceux, envoyés de façon itérative à l’"ami" Moubarak ces dernières semaines. Au moins, cette fois-ci, Obama n’a pas attendu plusieurs jours de répression sanglante à Téhéran pour faire part de sa timide réprobation. Au rythme où vont les choses, en l’absence d’une vision globale du Président américain, les Etats-Unis pourraient perdre tous leurs alliés arabo-musulmans en l’espace de quelques mois. Une atteinte majeure pour les intérêts yankees, leur sécurité, leur économie et pour les valeurs dont ils sont les garants pour le monde libre.

C’est avec inquiétude que nous notons que ces revers successifs n’ont pas l’air d’inquiéter Barack Obama, mais auraient plutôt pour effet de le mettre de bonne humeur. Alors que l’amiral Mullen, le chef des armées US, est accouru à Jérusalem pour y tenir un discours stratégique traditionnel et responsable, qui fut reçu 5/5 par ses interlocuteurs, tandis que les députés et sénateurs siégeant à Washington s’expriment eux-aussi de manière cohérente et pondérée, le Président paraît s’être remis à poursuivre ses visions "à la recherche d’un autre monde". Sans se fendre d’un traître mot sur la situation les excisées, des chrétiens d’Orient et des homosexuels, sans montrer d’inquiétude quant à l’éventualité de prises de pouvoir par les islamistes – qui haïssent les USA à mort, avec ou sans Barack Hussein Obama à leur tête - et sans fournir la moindre explication sur ses intentions concernant l’avenir de la bombe iranienne, ce qui nous pousse évidemment à nous interroger sur le genre de monde qu’il espère.

Pour faire simple au centre d’une réalité complexe, et en nous gardant de nous poser des questions sur la relation intime existant probablement entre Obama et l’islam, je crois qu’un choix urgent s’impose à l’Occident au regard de l’instabilité qui gagne la région : soit on décide de continuer à traiter avec les autocraties en place, comme on l’a fait jusqu’à présent, sans se soucier de la façon dont elles gèrent leurs populations, soit on soutient les démarches révolutionnaires contre lesdites dictatures. Encore faut-il avoir la cohérence, dans ce dernier cas, de combattre ouvertement tous les régimes autoritaires sans exception jusqu’à ce qu’ils tombent, et cela, avec tous les moyens non militaires – et ils sont extrêmement nombreux, économiques et commerciaux, diplomatiques, en gelant les accords bilatéraux, leurs comptes en banques, en cessant de leur vendre des armes et d’entraîner leurs policiers et leurs soldats – à disposition.

Ca n’est pas qu’un souci de moralité qui dicte cette posture politique, c’est uniquement que, faute d’appliquer la cohérence dont je parle, le monde libre va se fâcher à la fois avec les dictateurs, qu’il aura cessé d’aider, et avec les révolutionnaires, dont il soutiendra certains des oppresseurs. A l’occasion de son discours devant le Congrès, en janvier 2002, le décrié George W. Bush avait, quant à lui, clairement effectué le choix de l’expansion de la démocratie aux dépens des dictatures (le désormais célèbre "Axe du mal"). Bien que cela demeura son credo officiel et devint le thème central de la politique étrangère américaine durant ses mandats, avec des succès partiels mais non-négligeables, en Irak et en Afghanistan notamment, l’initiative de Bush s’essouffla, faute d’y avoir consacré les moyens extraordinaires nécessaires, et par celle des alliés de l’Amérique, qui continuèrent à courtiser les despotes avec lesquels ils réalisaient des affaires juteuses.

Les Etats démocratiques ne peuvent pas se contenter de faire du suivisme, comme c’est actuellement le cas, car ils s’exposent, pour les raisons que j’ai dites, au syndrome Rouhollah Khomeiny. Rappelez-vous, la France avait assuré, à grands frais, le refuge, le gîte, la protection et le couvert à l’ayatollah en exil, qui, une fois rentré victorieux en Iran y a fondé le système politique le plus violemment hostile à la démocratie occidentale que l’on ait connu depuis lors. Evidemment, il serait aussi préférable que les pays libres se montrent capables de distinguer entre les mouvements révolutionnaires en route vers la liberté et ceux menant droit aux ténèbres, voire de les influencer. Mais n’articulons pas d’exigences dont on sait qu’elles ne peuvent être gérées par les gouvernants médiocres à la tête des démocraties par les temps qui courent, et des intelligentsias et des media totalement à côté des enjeux qui se trament.

Incompréhension suffisamment crasse pour avoir poussé deux ministres français à se trouver pris du mauvais côté de la rivière au cœur de deux révolutions différentes. Baste ! La lumière surgira forcément du projet d’Union pour la Méditerranée, qui vient, malencontreusement, de perdre deux de ses piliers majeurs… Ben quoi, on peut encore, à la Ména, terminer une analyse morose sur une touche d’humeur, non ?

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Cholem Aleikhem


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 19 Fév 2011, 21:28 
Duc

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Ce matin sur France-Infos Edwy Plenel ex-du journal "Le Monde" où il fut rédacteur en chef pendant 25 ans, actuellement directeur du site internet Médiapart déclare, en pleine indignation, dans une interview : "C'est une honte et un scandale que la France ne soutienne pas les révolutions démocratiques dans les pays arabes" !

Sans nuance, mesure et prudence le Monsieur ! Alors que le monde, sûr de rien, retient son souffle pour savoir comment tout ça va évoluer...

On lui rappellera quand même, à ce donneur perpétuel de leçons "démocratiques" à autrui et à plantage "prophétiques" constants, que son journal "Le Monde" titrait " Phnom Penh libéré" lors de l'invasion des Khmers rouges le 17 avril 1975, lesquels y firent un terrible massacre de civils. Erreur de jugement effroyable de la part d'un grand journal national qui n'a été reconnue et que du bout des lèvres... trente ans plus tard !

http://jcdurbant.wordpress.com/2009/08/19/medias-un-aveuglement-dont-le-monde-ne-fut-pas-exempt-the-rare-day-le-monde-apologized%E2%80%A6-for-its-support-of-future-genociders/

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:3bHK_Q6E89YJ:www.enquete-debat.fr/archives/plenel-le-machiavelique+plenel+Journaliste+%C3%A0+%C2%ABRouge%C2%BB.&cd=8&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&source=www.google.fr

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Notre Cité a dépassé tous dans la pensée, la parole et l'action. Grec ne désigne pas une race, mais une Culture et on appelle Grecs ceux qui ont en commun avec nous la qualité des valeurs, plutôt que l'origine.
ISOCRATE, Panégérique, -400 BC.


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 12:28 
l'imam caché

Inscrit le: 06 Mai 2005, 15:00
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Je me souviens, dans les années 70, étant à Beyrouth, j'ai entendu un diplomate français Cousse, discuter avec le regretté père Jésuite Michel Allard et, en mauvais prophète, dire qu'il avait conseillé de soutenir Khomeyni, réfugié en France.

Mais merde, qu'est-ce qui fait que nos "élites" sont toujours attirées par ce qui se révèle être par la suite, un véritable désastre.

Les "révolutions démocratiques dans les pays arabes", pauvre crétin, "dumb" au sens plein du terme. Si je disais ce que je pense :rage: :censure:


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 12:44 
Anne-Marie, il n'y a que les maquignons chevronnés qui reconnaissent tout de suite un mauvais cheval. C'est un paysan qui vous le dit. Les politiques, eux, ainsi que nos 'zélites' énarquiennes ou assimilées ne voient que les avantages immédiats qu'ils peuvent tirer pour eux-mêmes d'une situation donnée. Ils ont juste appris - dans leurs écoles qu'ils croient prestigieuses - à naviguer à la petite semaine... :sif:
Entre nous, c'est sans doute parce qu'il aimait trop le couscous Cousse ! :rofl:


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 13:34 
Si ma tante
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Delcambre a écrit:
.../...Si je disais ce que je pense :rage: :censure:

:clope: Vous devriez nous le dire... :lol:

Mais pour le reste de votre message, il est assez sidérant de constater à quel point nos brillantes "élites" sont composées de gens certainement très intelligents et surdiplômés mais parfaitement "cons" :roll:

La Quai d'Orsay, si j'étais président, serait une de mes priorités : cette fosse à purin doit être purgée.... Trop de merdes dans des bas de soie.


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 13:39 
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Localisation: Moyen Orient
Delcambre a écrit:
Je me souviens, dans les années 70, étant à Beyrouth, j'ai entendu un diplomate français Cousse


Sans doute un diplomate français d'origine ibérique: COUSSE Y COUSSA :clope:
Mais souvenez vous, le petit Sarko recevant Khadafi dans la tente bédouine ... Nous sommes les Bédouins de la politique

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“Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bien ne fassent rien.” E. Burke


Dernière édition par itrophe le 20 Fév 2011, 18:32, édité 3 fois au total.

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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 13:53 
Si ma tante
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Inscrit le: 01 Mai 2005, 14:46
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:ok: :lol: Excellent Itrophe !!!

Puisqu'on est sur le fil du Moyen-Orient, pensez vous que les israéliens vont laisser les deux bateaux de guerre iraniens gagner la Syrie sans réagir ?


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 18:31 
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Que peut faire Israël ? Le canal de Suez n est pas israélien... Israël considère avec gravité l’initiative, Israël est inquiet pour son gaz en Méditerranée... Et Tsahal est prête à une riposte en cas de mauvais coup iranien, et la flotte américaine est dans les parages... Qui vivra verra...


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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 20 Fév 2011, 18:37 
Duc

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Pour compléter sur Plenel et son journal "Le Monde", celui-ci avait utilisé en février 1979 la formule "Le Ghandi Iranien" :rofl: :rofl: en saluant l'arrivée du "révolutionnaire" Khomeiny qui installa vite la sharia et devint ensuite responsable direct d'un million de morts dans la guerre Iran-Irak en voulant mettre bas le régime laïque d'Irak, pour y installer la sharia et accélérer le retour de "l'Imam caché", argument de guerre délirant, presque introuvable dans tous les hôpitaux psychiatriques de la planète et leurs archives, même Caligula n'avait pas dérapé à ce point là et dans d'aussi grandes proportions.

Extrait de Wiki :

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_iranienne

Khomeiny est très loin de l'image de « Saint Homme », que lui a attribuée un peu trop vite le président Carter. Il n'est pas non plus le « Gandhi iranien » dont parle le journal français Le Monde et utilise les méthodes oppressives qui avaient été dénoncées sous la dictature du Shah. La prise d'otage durera 444 jours.

La TV française parlait déjà de "révolutionnaires", et de "révolution", même le brillant philosophe Foucault à l'époque s'extasiait avec d'autres devant le magnifique développement de "la révolution iranienne".

Archives 11/02/1979... impayable, on a presque l'impression que c'était... hier :

http://www.live2times.com/1979-arrivee-au-pouvoir-de-layatollah-khomeini-e--10119/

L'ayatollah Khomeiny prend le pouvoir à Téhéran
11 fevrier 1979



L'État impérial d'Iran n'est plus, la République Islamique d'Iran vient de naître. Après plusieurs jours de combats sanglants, l'ayatollah Khomeini, leader de l'opposition religieuse, qui proclamait depuis des années que le règne du Shah était une tyrannie, vient de prendre le pouvoir à Téhéran.

En septembre dernier, face à la colère croissante du peuple iranien, le Shah avait décidé d'interdire les manifestations. En octobre, une grève générale avait eu lieu et une nouvelle manifestation de grande ampleur avait été organisée en décembre pour protester contre la politique du Shah. Dans une volonté d'apaisement, Shapour Bakhtiar avait alors été nommé premier ministre et le Shah avait quitté l'Iran.

Arrivé le 1er février dernier après quatorze ans d'exil, l'ayatollah Khomeiny avait été accueilli par des milliers d'Iraniens en liesse. Les révolutionnaires sont aujourd'hui parvenus à leurs fins, après plusieurs jours de combats au sein de l'armée et dans la rue. La victoire a été annoncée et Mehdi Bazargan est devenu premier ministre. Shapour Bakhtiar se serait quant à lui réfugié à l'étranger.

PS:
Pas trouvé, la vidéo, dénonçant la "fortune galactique" du Shah, voleur et buveur du sang de pauvres, accumulée dans tous les pays du monde, avec colliers de diamants dans des coffres à foison : ça fait partie du scénario de dégommage. On sait bien que d'après Iran-TV les ayatollahs vivent avec 100 euros/mois, même si la perverse et hypocrite presse capitalisto-infidèle les affirme milliardaires en dollars (Voir dans Iran-Résit leurs pharamineuses fortunes !)

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 Sujet du message: Re: Proche et Moyen-Orient
MessagePublié: 21 Fév 2011, 02:21 

Inscrit le: 01 Mai 2006, 16:35
Messages: 1008
http://www.menapress.org/il-faut-un-vainqueur-et-un-vaincu-info-012002-11.html

Il faut un vainqueur et un vaincu
(info # 012002/11) ]dimanche, 20 février 2011. Par Guy Millière

Les événements qui secouent l’Egypte, et qui sont loin d’être achevés, sont dangereux pour Israël. Ils n’allumeront pas sur une guerre, mais ils impliqueront que la frontière sud de l’Etat hébreu sera à surveiller de beaucoup plus près encore, et que la séparation entre Gaza et l’Egypte sera bien plus poreuse qu’elle ne l’est déjà. Ils devraient impliquer, dans les mois à venir, une remise en cause du traité de paix signé voici trente-deux ans entre le Caire et Jérusalem. Il n’est pas un seul candidat en puissance aux élections présidentielles égyptiennes promises pour septembre qui entende, de fait, laisser le traité tel qu’il est.

Israël sera plus isolé, et pourra sembler dans une situation de péril bien plus grand qu’actuellement. Entre le Hamas au Sud, le Hezbollah, qui tient désormais le Liban, au Nord, le basculement de la Turquie, l’intransigeance de la Syrie appuyée par l’Iran, qui avance vers l’arme nucléaire, et le glissement de l’Egypte vers un changement graduel d’alliances et vers un désordre durable, rien ne paraît prometteur. D’autant plus qu’Obama est à la Maison Blanche, et que, s’il use d’une autre musique depuis qu’il est en situation de cohabitation avec un Congrès qui a basculé largement du côté Républicain, il chante toujours la même chanson.

Je pense, cela dit, qu’il n’y a pas motif à désespérer mais plutôt, que les raisons sont réunies de tenir un discours de vérité : celui qu’on tient lorsqu’on n’a pas d’autre choix et qu’il faut regarder le soleil en face, sans cligner des yeux.

Image
Si la majorité des protestataires arabes arborait ce genre de slogan, déployé ici par un manifestant tunisien, la paix et la démocratie seraient à portée de main

Le monde musulman est un monde instable, pétri de pathologies, et pas du tout sur le point d’en sortir, contrairement à ce que des rêveurs disent ici ou là. Les traités déjà signés avec lui, pas uniquement celui signé avec l’Egypte, sont de simples morceaux de papier ayant la valeur du papier usagé. Israël n’est aujourd’hui au bénéfice d’aucun traité de paix digne de ce nom, et ne possède aucun « partenaire pour la paix » dans la région. C’est la réalité. Elle est effroyable, mais elle n’en est pas moins la réalité.

Israël ne peut pas compter sur l’Europe, qui a, depuis longtemps, sombré corps et biens et qui continue à pourrir par la tête, comme les poissons avariés. Israël peut encore compter sur le peuple américain, mais pas sur les Juifs américains, et pas sur le parti Démocrate, qui, année après année, s’imbibe de plus en plus d’idées radicales et « pro-palestiniennes ».

C’est le moment ou jamais de comprendre et de clamer que des négociations ne servent à rien, que des concessions servent moins encore que des négociations, et que, quoi que fasse Israël, Israël sera critiqué et diabolisé ; précisément parce que c’est l’Etat du peuple juif, et que l’antisémitisme reste la pathologie mentale la plus répandue sur la planète.

C’est le moment de comprendre ce que dit Daniel Pipes, avec lequel j’ai passé ces trois derniers jours : la situation est une situation de guerre qui n’a pas cessé, et qui ne cessera que lorsqu’il y aura un vainqueur et un vaincu. Daniel ajoute : « ou Israël se donnera les moyens de gagner, ou Israël disparaîtra ». Il pense que la victoire peut être une victoire psychologique et morale. En ce qui me concerne, je nourris des doutes sur cette proposition.

Tout en étant en guerre avec Israël, le monde musulman craint que la guerre ne devienne une guerre ouverte et franche, sachant qu’Israël dispose de la supériorité technologique et militaire ; Israël devrait s’appuyer sur cette supériorité et tenir un discours ferme, clair, net. Israël devrait dire, sans circonlocutions, pourquoi les négociations sont une imposture, et pourquoi les concessions sont suicidaires.

Israël devrait rappeler ce qu’était le Mandat palestinien confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations, refuser les falsifications de l’histoire, dire que les accords d’Oslo sont caducs, en expliquant les raisons pour lesquelles ils sont caducs, et c’est à dessein que j’emploie un mot arafatien. Israël pourrait ignorer l’Autorité palestinienne, en expliquant les raisons pour lesquelles il ignore l’Autorité palestinienne : l’Autorité palestinienne ne représente personne, et si des élections vraiment libres avaient lieu dans les territoires qu’elle prétend contrôler, le Hamas les gagnerait, or la charte du Hamas ne prévoit pas la moindre transaction avec Israël.

Israël devrait dire, à nouveau, qu’il existe déjà un Etat palestinien, le royaume palestinien de Jordanie, qu’il y a déjà vingt-et-un Etats arabes et cinquante-sept Etats musulmans. Israël devrait, en somme, s’affirmer. Et, le cas échéant, saisir la moindre opportunité d’agression pour infliger à ses ennemis une défaite absolue, irrémédiable, indiscutable. Comme le dit Daniel Pipes, l’Allemagne n’a, en Europe, pas considéré avoir été vaincue en 1918. La suite a été le nazisme, la Shoah et la Deuxième Guerre Mondiale. En 1945, l’Allemagne a dû constater qu’elle était vaincue, dans les décombres de ses villes, et on y a organisé le procès de Nuremberg.

Le monde musulman doit, à mes yeux, constater, à un moment donné, qu’il est vaincu. Je ne sais s’il faudra pour cela des décombres. C’est possible. Il faut, en tout cas, aboutir, ici ou là, à une reddition sans conditions. Il faudra aussi organiser une forme de procès de Nuremberg pour l’islam radical, le palestinisme, le nationalisme arabe teinté de national-socialisme. Un procès symbolique pourrait d’ores et déjà être organisé.

Si Israël parle et agit, ce sera avec la réprobation unanime des ennemis d’Israël et des faux amis d’Israël, mais cela n’est pas grave : le peuple juif a l’habitude d’avoir des ennemis et des faux amis. Israël n’est pas seulement une puissance militaire, c’est aussi une puissance technologique, c’est un pays qui compte économiquement et financièrement. C’est un pays indispensable à l’humanité, sans lequel le monde se détraquerait et perdrait une part cruciale de son capital intellectuel.

Les ennemis musulmans d’Israël, pour la plupart, ne savent pas ce que je viens de dire. Les dirigeants occidentaux, Obama en tête, font comme s’ils ignoraient ce que je viens de dire, mais ils le savent en fait fort bien. Israël a bien plus de moyens de faire front que cela ne se dit ou ne s’écrit. Ces moyens doivent être utilisés. Impérativement. Ou le vainqueur ne sera pas Israël. Et dès lors qu’il faut un vainqueur et un vaincu pour que la guerre cesse…

Un monde sans Israël serait un monde irrémédiablement mutilé. Et ce serait un monde dans lequel Israël aurait disparu. Je ne veux pas cette disparition.

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" Quelles que soient les mauvaises nouvelles, vous devez continuer de vivre, même si cela vous tue."
Cholem Aleikhem


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