Uncle a écrit:
Loup Gris, je voue au Général de Gaulle une réelle admiration. Mais pas à n'importe quel général, à celui de la seconde guerre mondial qui a su, en pleine débâcle, incarné l'honneur d'une France combattante qui ne se couchait pas. Il fallait une sacrée stature pour cela et un amour sacré de la Patrie. Donc, respect, chapeau, bravo, félicitations et reconnaissance éternelle.
Merci à vous, cher "Uncle" de le reconnaître.
Uncle a écrit:
Une fois cela dit, le De Gaulle "politicien", je ne l'aimais pas beaucoup. Certes, je lui reconnais là aussi une sacrée stature (pas un politicien depuis ne lui arrive à la cheville), celle d'un vrai homme d'état et pas d'un mange merde encarté à l'UMPS. Il a, je pense, servi son pays, d'accord ou pas.
Jusque là, nous sommes toujours d'accord.
Uncle a écrit:
Mais je n'oublie pas également plusieurs choses : Algérie entre autres, car soit on lâchait, soit on gardait, mais si c'était pour lâcher, on pouvait s'économiser une guerre (un peu le problème de l'Indochine du reste). je lui reproche la mise en place du système France-Afrique, non qu'il ne soit pas légitime de défendre nos intérêts, y compris de façon très cynique et pragmatique, mais parce que ça a engendré un vaste système de corruption qui nous a sapé depuis 40 ans.
Désolé, mais là nos avis diffèrent. La guerre d'Algérie a commencée en 54, pas en 58. C'est donc sous la IVème que ce conflit a débuté. Quant à défendre nos intérêts, le pragmatisme ne peut s'affranchir d'un certain cynisme. C'est valable pour tous les Etats. Pour la corruption, elle n'est pas le fait du général, mais de ceux qui lui ont succédé. Et ça continue de plus belles. Durant la guerre d'Indochine, De Gaulle avait dit à son entourage proche, que nous perdrions cette colonie, y compris l'Algérie. Et il précisât que ce serait le système qui nous les ferait perdre. Or, que je sache, le système ce n'est pas lui qui l'a mis en place. Lorsque la patate est trop chaude, on cherche à s'en débarrasser. Mais elle était tellement chaude qu'il ne pouvait plus l'éplucher (inverser la marche).
Uncle a écrit:
Je lui reproche, et là carrément, son revirement stratégique avec l'URSS par son opposition débile à l'Amérique, en pleine guerre froide. (Bonjour la perte financière sèche avec le départ de milliers de familles de soldats US et la fin des aides militaires... belle connerie). Sortir de l'OTAN à cette époque, n'était pas une riche idée, mais cela lui permettait de faire de la France le leader des "non alignés"... Plus exactement le leader des "culs entre deux chaises"... Je m'oppose à l'Amérique, je fais la risette aux Soviétiques, car sans cela, ma politique arabe ne serait pas crédible. Et donc, le revirement du Quai d'Orsay et la "Politique Arabe de la France", ce poison qui permit à Giscard et Chirac de faire quelques années plus tard le regroupement familial, véritable coup de grâce dont on paye les conséquences et que nous n'avons pas fini de payer.
Concernant le renvoi des américains en 62. Au risque de vous frustrer, je donne raison au général. Lorsque des alliés viennent à votre secours, ce qui est parfaitement louable, ils ne viennent pas par simple charité chrétienne (si tant est qu'ils en connaissent le sens). Nous avions une dette financière à l'égard de nos alliés. Cette dette était soldée en 62, par une contribution monétaire de 10 contre 1. En d'autres termes, pour un soldat américain tombé, la France a payé dix fois la valeur (financière) d'un soldat français. Pardonnez-moi mon ami, mais nous n'avons pas la même valeur de l'équité. Donc à juste titre, De Gaulle a renvoyé dans leurs foyers les braves (sans ironie) GI's. Notre dette de guerre était payée. On n'occupe pas un Pays vainqueur, mais vaincu.
Uncle a écrit:
De Gaulle était tout sauf un imbécile à courte vue. Il a beau avoir fait de belles déclarations comme son "Colombey les deux Mosquées", c'est bel et bien sa politique arabe qui a lancé les bases de notre invasion "eurabienne". Ses successeurs n'ont fait que porter depuis le flambeau, de droite comme de gauche. Je vous rappelle qu'il lâcha Israël à la veille de la guerre des six jours, pire ! il leur mit un embargo sur des armements déjà payés... Il les envoyait cyniquement dans le mur face aux armées arabes coalisées en leur demandant "gaulliènement" de la "retenue" et qu'ils pouvaient compter sur la France s'ils étaient attaqués... Tu parles Charles ! Avec un territoire d'une dizaine de KM aux endroits les plus étroits, il leur demandait de se suicider. Israël ne l'ayant pas écouté a gagné la guerre des six jours, prétexte pour le général d'intensifier sa politique arabe dont il devint la vedette...
Et ça, cher ami gaulliste, ça nous laisse une lourde addition et un paysage bien pourri que vous pouvez constater tous les jours dans nos rues.
Là encore, et sans vouloir me faire l'interprète ou le vecteur de la pensée du général, vous exagérez. Ses successeurs, tous des incapables, sauf Pompidou, n'avaient rien compris à la politique du général. De Gaulle n'a jamais été contre Israël. Certes, il a freiné le développement de l'arme nucléaire, qu'Israël possédait grâce à la France, avant son arrivée aux affaires.
Uncle a écrit:
PS : au sujet des armes sous embargo, énorme connerie aussi, car Israël fit une publicité au Mirage extraordinaire... qu'elle ne fait plus. De Gaulle a offert Israël aux Américains (sur un plateau) qui, jusque là, observaient de loin... Si Israël avait aujourd'hui des Rafales et des Leclercs, beaucoup d'armées en auraient acheté.
Paradoxe rare. Dassault, (Bloch) de son vrai nom, donc juif (pas de malentendu) ne réussit pas à vendre ses avions à ses frères d'infortune…