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MessagePublié: 02 Juin 2005, 21:58 
River
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Enregistré le: 02 Juin 2005, 21:02
Messages: 3793
Et je conseillerais le petit livre suivant(pour Coincoin en particulier s'il ne l'a pas lu ):
Le malheur du siècle : Communisme - Nazisme - Shoah
d' Alain Besançon

Le malheur du siècle. Sur le communisme, le nazisme et l’unicité de la Shoah. Alain Besançon, Ed. Fayard, Paris, 1998, 165 p., 110 francs.

Alain Besançon est assurément l’un des plus grands penseurs de cette fin de siècle et la lecture de son dernier essai le confirme. Un an après son discours "Mémoire et oubli du bolchevisme" prononcé à l’Institut lors de la séance publique annuelle des cinq académies, le 21 octobre 1997, Alain Besançon livre une réflexion très approfondie d’une part sur le déséquilibre existant entre la conscience historique du nazisme et celle du communisme et, d’autre part, sur l’unicité de la Shoah. Sur ce sujet, il lui fut, selon ses propres termes, pénible de revenir mais ce sont les circonstances, notamment l’étrange levée de boucliers contre la publication du "Livre noir du communisme", qui l’y ont poussé. Or, de même que les hérésies permettent involontairement au Magistère de préciser encore plus l’énoncé du dogme, les opposants à la vérité ou plutôt les partisans de l’amnésie et de l’amnistie des crimes du communisme1, nous donnent, bien malgré eux, l’occasion unique de bénéficier des lumières de l’ouvrage d’Alain Besançon sur "l’amnésie du communisme et l’hypermnésie du nazisme". Sur le plan de l’analyse historique et politique, l’auteur compare le communisme et le nazisme comme deux espèces du même genre, le genre idéologique. Ce qui en fait des "jumeaux hétérozygotes" selon l’expression de Pierre Chaunu. Leur même nature idéologique permet de déchiffrer nombre de traits communs : la promesse du salut temporel, la prétention de l’analyse scientifique déterminant une pratique politique bouleversant par la révolution l’ordre des sociétés humaines. Par nature exclusifs, ils se révèlent forcément contre Dieu. Enfin, ils se donnent tous deux "le droit, et même le devoir, de tuer et (...) avec des méthodes qui se ressemblent à une échelle inconnue dans l’histoire". Il faut lire cette étude comparative, effectivement pénible car descendant au plus profond de l’horreur, à tel point que l’analyse évoque les hypothèses soulevées à propos de l’action angélique dans le chapitre intitulé "Théologie". La gémellité des deux systèmes concerne les procédés de destruction physique (l’expropriation, la concentration, les "opérations mobiles de tueries", la déportation, l’exécution judiciaire, la famine), de destruction morale (l’ineptie c’est-à-dire l’indigence de la formation mentale qu’ils prétendent imposer, la falsification nazie et communiste du bien) et la destruction du politique. En ce qui concerne la Shoah proprement dite, Alain Besançon précise qu’il faut changer de plan car cette question n’est pas de celle que l’on peut traiter sur le seul plan de "l’étude comparative, neutre, scientifique". L’auteur prend bien garde de dénoncer l’attitude d’une gauche qui voit son "intérêt à prétendre au monopole de l’antifascisme, confondu conformément à la vulgate communiste avec l’antinazisme (...) intérêt donc à mettre de son coté l’opinion juive en surenchérissant sur cette mémoire, ce qui entraîne cette opinion sur des terrains qui sont plus ceux de la gauche que ceux où se trouvent les intérêts de la communauté juive". Cette question, en fait, requiert les lumières du sacré, de la religion, d’où son caractère unique et, forcément, l’impossibilité d’y trouver une seule interprétation, une "solution complète universellement reçue". Voici l’explication de la difficulté à s’accorder sur une interprétation unique de l’unicité de la Shoah telle que nous la livre in fine A. Besançon : "les Chrétiens disposent donc d’un schéma théologique cohérent de la Shoah, qui fait à la fois justice au sentiment juif de la différence et justice aux peuples, chrétiens ou non, qui ont subi des épreuves comparables, voire semblables. Entre les uns et les autres, il ne peut y avoir "concurrence des victimes". Sans confusion ni réparation, ils se distribuent en rangs égaux dans le chœur des souffrants innocents, unis dans une solidarité d’ordre théologique qui reste de toute part à définir. En effet, ce qui paraît aux chrétiens comme un moment agonique du long travail de la rédemption paraît évidemment aux Juifs comme un pur scandale. Certains Juifs ont rejeté le mot Holocauste pour le motif que, désignant un sacrifice, il ne convenait pas pour nommer ce paroxysme insensé du mal et ont préféré le mot neutre de Shoah, "catastrophe". Les Chrétiens auraient pu accepter celui d’Holocauste parce qu’il a été vécu et récapitulé, justement comme un sacrifice, par leur Messie. L’incompréhension mutuelle au sujet de cet événement ne repose donc pas sur un malentendu ni sur une mauvaise volonté, mais tient aux racines mêmes de la foi juive et chrétienne. Les Chrétiens estiment que, dans la limité du connaissable, ils en détiennent une clef. Mais elle ne vaut que dans les limites de leur foi. Elle est récusée par les Juifs, et les chrétiens ne comprennent pas qu’ils la récusent. Ainsi, le problème de l’unicité de la Shoah ne peut trouver de solution complète universellement reçue. Reste donc à comprendre clairement cette irrésolution et à l’accepter".


http://www.conflits-actuels.com/article ... rticle=207

Alain Besançon, membre de l'institut, a enseigné à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, ainsi qu'aux Etats-Unis. Il a obtenu le prix de l'essai et le prix d'histoire de l'Académie française.


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 Sujet du message: Merci à M. Pierre Reggiani
MessagePublié: 03 Juin 2005, 09:21 

Enregistré le: 23 Mai 2005, 14:59
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Après j'arrête, c'est promis (Pierre c'est le grand frère de Jean-Jacques).

Texte intéressant, et bouquin prometteur, grand merci.

J'ajouterais juste un élément: Besançon parle de l'incompréhension entre juifs et chrétiens sur la Shoah (j'ignorais la nuance essentielle Holocauste/Shoah); je pense qu'il existe une autre contradiction, entre la perception juive et la perception "républicaine": le monde qui a gagné la guerre de 40 est un monde dans lequel la nationalité est la catégorie première dans la définition des individus; à proprement parler, la "Shoah" républicaine n'aurait pas à connaître de la différence entre les différentes catégories de victimes nazies; elle devrait "comptabiliser" les victimes par pays, et secondairement seulement par religion ou communauté.

Cela fait donc une triple tension au sein de la représentation des atrocités nazies: vision rédemptrice/ vision cataclysmique/ vision laïque et nationale.

L'exploitation des "failles" créées par la non-explicitation de ces tensions explique, à mon avis de ce matin là tout de suite, une partie significative des réactions de rejet (négationnisme) et d'antisémitisme suscitées par la mémoire de la Shoah.


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MessagePublié: 03 Juin 2005, 10:25 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Coincoin, tout cela pourrait tenir la route si... mais voilà, parmi les millions de victimes du second conflit mondial, ce n'est pas au nom de leur nationalité que "six millions" d'entre elles furent exterminées, mais bel et bien parce qu'ils étaient juifs.. Et c'est bien les juifs en tant que tels que le nazisme se promettait d'éradiquer de la surface de la planète...


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 Sujet du message: Dialogue de sourds
MessagePublié: 03 Juin 2005, 10:35 

Enregistré le: 23 Mai 2005, 14:59
Messages: 76
Mais je ne dis pas le contraire du tout...

Excuse-moi, Uncle, mais à lire tes deux réponses, j'ai vraiment le sentiment que tu ne me lis qu'en diagonale et que ton opinion est faite dès la deuxième ligne... Je ne t'en veux pas, je fais souvent pareil...


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 Sujet du message: Re: Dialogue de sourds
MessagePublié: 03 Juin 2005, 10:56 
Si ma tante
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Enregistré le: 01 Mai 2005, 13:46
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Dragasès-Coincoin a écrit:
Mais je ne dis pas le contraire du tout...
Excuse-moi, Uncle, mais à lire tes deux réponses, j'ai vraiment le sentiment que tu ne me lis qu'en diagonale et que ton opinion est faite dès la deuxième ligne... Je ne t'en veux pas, je fais souvent pareil...


Je te rassure Coincoin, je ne te lis jamais en diagonale, je réserve ce traitement à notre ami Alfred :D . Au pire, je t'ai mal compris. Désolé si c'est le cas, mais ça fera avancer le débat.


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MessagePublié: 04 Juin 2005, 10:15 
Attendez : the Serge GOLDMAN du forum des amis de Michel HOUELLEBECQ, en personne ?
Cool ... :wink:
Welcome in here !!


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MessagePublié: 05 Juin 2005, 14:07 
River
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Enregistré le: 02 Juin 2005, 21:02
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GAG a écrit:
Attendez : the Serge GOLDMAN du forum des amis de Michel HOUELLEBECQ, en personne ?
Cool ... :wink:
Welcome in here !!


Oui, pour vous servir.Et félicitations pour le site.
On attend des articles de Dantec,par exemple.
On aurait bien aimé aussi Gainsbourg mais ce n'est plus possible. Par contre, JJ Goldman, on s'en fout...Encore que coincoin serait peut-être interessé?
:lol:


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MessagePublié: 18 Juin 2005, 22:39 
Histoire & sciences sociales -> Période Contemporaine

Les jumeaux hétérozygotes


Alain Besançon Le Malheur du siècle - sur le communisme, le nazisme et l'unicité de la Shoah
Fayard 1998 / 2.56 € - 16.79 ffr. / 166 pages
ISBN : 2-213-60226-3
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Cette expression, empruntée à Pierre Chaunu, revient souvent dans cet essai historique captivant, que nous livre Alain Besançon. En effet, quoi de plus proches dans l'horreur et la forme, mais parallèlement de plus opposés dans leur idéologie, que ces deux lames de fonds pour le XXe siècle, que furent le nazisme et le communisme ? La comparaison de deux systèmes dits totalitaires est une démarche polémique. La parution en 1998 du Livre noir du communisme suscita de nombreux débats sur la légitimité de cette comparaison. Peut-on évaluer ces deux "malheurs du siècle" à l'aune d'une statistique macabre basée sur le nombre de leurs victimes ? Le décompte des morts est bien entendu insuffisant.

D'abord parce que les victimes peuvent ne pas mourir et survivre dans une souffrance et une aliénation insoutenables. Ensuite, parce qu'il est des analogies de structure bien plus intéressantes pour l'historien.

Alain Besançon s'intéresse à ces éléments de comparaison. Le point de départ de sa réflexion est le traitement inégal de ces deux phénomènes. A côté du nazisme dont l'aboutissement tragique, la Shoah, a permis la diabolisation légitime, le communisme sort quasi indemne, malgré les camps et les millions de victimes, le génocide cambodgien, etc. Porté par son idéal humanitaire initial, utopie portant trahie, le communisme bénéficie d'une amnésie collective contre laquelle l'auteur du Malheur du siècle entend lutter.

Car, selon lui, les deux systèmes totalitaires participent d'une même trame. L'un comme l'autre pratiquèrent la destruction physique - même si la "preuve par les cadavres" fut plus frappante à la sortie de la Seconde Guerre mondiale pour le nazisme. L'URSS et les autre régimes communistes, comme le IIIe Reich, furent des systèmes de déportation et de concentration (encore aujourd'hui en Corée du Nord) en chasse contre leurs ennemis, qu'ils soient de race ou de classe, d'épuration du parti (la nuit des longs couteaux annonce la "grande terreur" stalinienne et les intrigues de pouvoir dans la Chine de la Révolution Culturelle).

La destruction morale ne fut pas moindre. Les deux systèmes, absurdes dans le fond, perversions de l'idée de Bien, se légitimaient par la prise en otage de penseurs et de scientifiques, par ce que l'auteur définit comme "l'illusion de la généalogie". Il s'essaie ensuite à une amorce d'approche psychanalytique de l'homme nazi ou communiste dont le lecteur regrettera sans doute l'absence d'approfondissement.
Dire que "l'Allemagne, qui avait été l'Athènes de l'Europe pendant un siècle, s'est réveillée abrutie par douze ans de nazisme" exige un développement. La destruction du politique réunit enfin les deux jumeaux qui l'un comme l'autre s'organisèrent autours de chefs charismatiques, seuls capables de réaliser les utopies porteuses des régimes.

La dernière partie de l'ouvrage est consacrée à une analyse théologique des deux systèmes. Nazisme et communisme y sont présentés comme deux miracles inversés tant la raison y achoppe et les métaphysiques s'y acharnent. Cette approche originale risque cependant de laisser le lecteur dubitatif. Le thème de l'unicité de la Shoah y est enfin abordé. Si l'auteur y souscrit, c'est avec certaines réserves car cette unicité explique en partie l'amnistie dont bénéficie le communisme.

La grande différence entre les deux frères maudits de notre siècle explique en partie leur traitement différencié aujourd'hui. Le nazisme était un courant proche de la pulsion, romantique, jusqu'au-boutiste, ce qui explique en partie le génocide, et sa chute finale due à une gestion trop peu rationnelle et par trop impatiente des moyens devant assurer la réalisation de son projet. Au contraire, le communisme dura par sa patience, son réalisme politique - pensons à la NEP sous Lénine ou au recours chinois actuel au capitalisme - et la pratique du mensonge dont nombreux aujourd'hui encore sont dupes. A. Besançon parle ainsi de "cette différence terrible qui fait que les uns, exterminés comme des bêtes, sont honorés comme hommes, et les autres mis à mort (...) de façon plus humaine, sont oubliés comme des bêtes".

Le Malheur du siècle est un ouvrage des plus stimulants. Les questions qui y sont soulevées et les analyses qu'Alain Besançon propose renouvellent l'historiographie attachée à ces deux phénomènes si difficiles à embrasser dans leur complexité. "Jumeaux hétérozygotes", Communisme et Nazisme sont deux produits uniques du XXe siècle et proches par cette contemporaneïté.

Thomas Roman
( Mis en ligne le 13/08/2001 )
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MessagePublié: 19 Mar 2006, 09:40 
Alain Besançon est un penseur remarquable.


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MessagePublié: 16 Mai 2007, 21:38 
Tite
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Enregistré le: 08 Oct 2006, 12:40
Messages: 242
Localisation: CALIFORNIE
http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc05/FDOC10765.htm#P171_21840
Enfin des mesures, esperons qu'elles soient appliquées !
Et que dans quelques années, on en finisse avec les Partis Communistes !!!

_________________
http://anticommunisme.blogspot.com


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 Sujet du message: Le pari perdu de Dollfuss
MessagePublié: 26 Aoû 2007, 17:05 
River
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Enregistré le: 02 Juin 2005, 21:02
Messages: 3793
Je rappelle ce cas pour montrer comment l'histoire est compliquée. La lecture de Besançon me l'avait confirmé à l'époque.


12 mars 1938
Anschluss de l'Autriche
À l'aube du samedi 12 mars 1938, l'armée allemande franchit les postes frontières autrichiens.
http://www.herodote.net/dossiers/evenem ... r=19380312

Le pari perdu de Dollfuss

La petite république d'Autriche, rescapée de l'empire austro-hongrois, se caractérise comme l'Allemagne voisine par une grande homogénéité linguistique. Ses sept millions d'habitants parlent allemand, même si beaucoup, surtout à Vienne, la capitale, sont issus des diverses communautés de l'ancien empire : Hongrois, Slaves, Italiens, Juifs orientaux,...

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, beaucoup d'Allemands et d'Autrichiens songent fort naturellement à réunir les deux pays. Mais cette perspective leur est formellement interdite par l'article 88 du traité de paix de Saint-Germain-en-Laye du 10 septembre 1919, imposé par les vainqueurs à l'Autriche.

L'Autriche se fait peu à peu à l'idée de vivre séparée de sa puissante voisine. En 1932, elle succombe à la séduction d'un jeune chancelier d'extrême-droite, Engelbert Dollfuss (40 ans).

Un chancelier aux convictions trempées
Issu d'une famille paysanne profondément catholique, Engelbert Dollfuss est réformé au début de la Grande Guerre en raison de sa petite taille (1,51m). Surmontant sa déception, il s'engage comme volontaire et obtient les galons de lieutenant en combattant les Italiens !

De retour dans la vie civile, il se lance dans la politique au sein d'un parti «social-chrétien» et se fait le héraut d'un État autoritaire et conservateur.

C'est ainsi qu'il est appelé à la chancellerie (la direction du gouvernement) le 20 mai 1932 par le président de la République. Il y gagnera le sobriquet de«Millimeternich», par allusion à sa petite taille et à son illustre prédécesseur Metternich.
Déçu par le régime parlementaire et sensible aux réalisations de Mussolini, Dollfuss se rapproche de celui-ci pour mieux résister à la pression de Hitler. Il combat sans état d'âme les militants nazis de son pays et n'hésite pas à les enfermer dans des camps ! Mais le chancelier est assassiné le 25 juillet 1934 par des nazis autrichiens commandités par Hitler.

Le drame survient à peine plus d'un an après la prise de pouvoir de celui-ci. À midi, 154 membres des SS Standarte revêtus d'uniformes militaires autrichiens font irruption dans la Chancellerie et tirent à bout portant sur Dollfuss, le blessant mortellement. Dans le même temps, d'autres nazis s'emparent de la radio et annoncent la... démission du chancelier.

Mais le putsch échoue du fait de la maladresse de ses auteurs. Les forces gouvernementales, aux ordres du dr Kurt Schuschnigg, arrêtent les assassins. 13 d'entre eux seront plus tard pendus. Hitler assiste au festival annuel de Bayreuth quand il reçoit confirmation de la mort de Dollfuss.

Dans le même temps, à Rome, Mussolini éclate dans une colère noire. Le Duce, au summum de sa popularité, ne tolère pas que l'Allemagne étende son territoire jusqu'à la frontière italienne. Il envoie quatre divisions vers le col du Brenner, entre l'Italie et l'Autriche, et se rend en personne à Vienne pour manifester son soutien aux Autrichiens.

Qui plus est, il encourage les juifs italiens à participer au boycott économique de l'Allemagne et, le 6 septembre 1934, étale sa colère au cours d'une allocution publique : «Trente siècles d'histoire nous permettent de contempler avec une méprisante pitié les doctrines d'outre-Alpes, soutenues par les descendants des hommes qui ne savaient pas écrire lorsque Rome avait César, Virgile et Auguste» (*).

Le Führer ravale son dépit et reporte à plus tard l'Anschluss (le «rattachement» de l'Autriche) dont rêvent depuis un siècle les nationalistes allemands et autrichiens.

Mise au pas de l'Autriche Le docteur Kurt Schuschnigg, nouveau chancelier de l'Autriche, assiste à la montée des mouvements nazis, activement soutenus par Hitler et son ambassadeur à Vienne, l'ineffable Franz von Papen, politicien inconsistant qui avait cru manipuler Hitler avant que celui-ci ne s'empare de la totalité du pouvoir.

Les rapports de force évoluent brutalement en 1936. Mussolini, mis au ban des gens civilisés suite à l'invasion de l'Éthiopie, se rapproche contraint et forcé de Hitler. Il soutient avec lui la rébellion du général Franco en Espagne... Il n'est plus en situation de lui refuser l'Anschluss.

La même année, le gouvernement français reste inactif face à la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler. Cette entorse aux traités internationaux survient le 7 mars 1936, un an après le rétablissement en Allemagne de la conscription obligatoire, en violation du traité de Versailles.

Rassuré sur ses arrières, le Führer revient donc à l'Autriche. Le 12 février 1938, il convoque Schuschnigg dans son nid d'aigle de Berchtesgaden, le Berghof. Il exige du malheureux chancelier qu'il cesse toute poursuite contre les militants nazis qui sèment le désordre dans le pays et qu'au surplus, il confie le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité à un nazi notoire, l'avocat viennois Arthur Seyss-Inquart, le ministère de la Guerre revenant quant à lui à un sympathisant nazi, Glaise-Horstenau.

Le mardi 15 février, après trois jours de réflexion, le chancelier et le président de la République autrichienne, Wilhelm Milkas, s'inclinaient devant les exigences du Führer. Le nazi Seyss-Inquart prend les rênes de la police.

En occupant l'Autriche, Hitler se prévaut du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (sic), leFührerallemand fait un pas de plus vers la guerre générale.

Le surlendemain de l'entrée des troupes allemandes dans le pays natal d'Adolf Hitler (le Führer est né en 1889 en Basse-Autriche, à Braunau), celui-ci proclame officiellement l'Anschluss depuis une tribune dressée face à laHofburg, le palais impérial de Vienne.

Le rattachement est avalisé par un référendum, le 10 avril 1938, qui recueille plus de 99% de votes favorables parmi les Autrichiens.

_________________
La politique fut d'abord l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. A une époque suivante, on y adjoignit l'art de contraindre les gens à décider sur ce qu'ils n'entendent pas. Paul Valéry.


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MessagePublié: 26 Aoû 2007, 19:04 
Du Crime
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Enregistré le: 21 Aoû 2006, 18:43
Messages: 8691
Localisation: dans la jungle
Uncle a écrit:
Coincoin, tout cela pourrait tenir la route si... mais voilà, parmi les millions de victimes du second conflit mondial, ce n'est pas au nom de leur nationalité que "six millions" d'entre elles furent exterminées, mais bel et bien parce qu'ils étaient juifs.. Et c'est bien les juifs en tant que tels que le nazisme se promettait d'éradiquer de la surface de la planète...


de la surface de l'Europe, Uncle...de la surface de l'Europe ( ce qui n'enlève rien a l'horreur de la chose, d'ailleurs) mais ce type d'erreurs entretient la confusion.

Certaines organisations sionistes rencontrèrent des officines nazis dans le début des années trentes, et évoquèrent la possibilité d'un foyer juif à Madagascar ou je ne sais oû; alors que plus tard, Churchil proposa l'Ouganda-Kenia, je crois.


[url]http://fr.wikipedia.org/wiki/Sionisme_territorialiste[/url]


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MessagePublié: 26 Aoû 2007, 20:43 
Tel-Aviv la France !
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Enregistré le: 12 Mai 2007, 14:28
Messages: 4239
tyler a écrit:
de la surface de l'Europe, Uncle...de la surface de l'Europe ( ce qui n'enlève rien a l'horreur de la chose, d'ailleurs) mais ce type d'erreurs entretient la confusion.


Je vous arrête tout de suite Tyler.
Au DEBUT, il y a en effet eu des arrangements, les nazi laissaient sortir les juifs d'Allemagne pour s'en aller aux USA ou dans d'autres pays, etc ...

Mais avec l'arrivée de Romel en Afrique, l'alliance avec le mufti de Jérusalem, et le Japon qu'a pas non plus été très cleans de ce point de vue-là (notamment avec les juifs de Shangai sous domination japonaise), la "solution finale" il s'agissait bien d'une extermination totale tous azimuths et plus que sur l'Europe comme au départ (mais la décision d'extermination date de 1942 de toute manière).

Si ce n'était vous mon cher Tyler, ce serait directement le retour au bagne :wink: :wink:

_________________
Ne jamais faire confiance à un type qui tord des cuillères :)


Dernière édition par Uri Geller le 27 Aoû 2007, 11:33, édité 1 fois au total.

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MessagePublié: 26 Aoû 2007, 22:04 
Malheurs au cours des siècles

Pertes humaines estimées au cours de grands conflits :

Guerre de Sécession (USA 1861-1865) 800 000

Révolution et Empire (Europe 1792-1815) 3 000 000

Guerres de Jules César (Gaule et guerre civile) 3 000 000

Guerre de 1914-1918 14 000 000

Conquêtes mongoles (13e et 14e siêcles) 25 000 000

Guerre de 1939-1945 50 000 000

Empire assyrien (Moyen orient 9e-7e siècles) 100 000 000

On peut bien sûr ajouter les génocides du XXème siècle, en n'oubliant pas que les 6 millions de victimes juives sont comprises dans les 50 000 000 de tués en 39-45

Curieux quand même que Ramonet évoque à peine la Shoah dans cet article du diplo :

Citation:
Sans parler des persécutions et des massacres, pour des motifs idéologiques ou en raison de politiques raciales, dont furent victimes des millions de civils (en particulier les juifs européens, les Tziganes, les Chinois et les Coréens) de la part des Etats de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon), surtout en Europe orientale et en Chine.


http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/RAMONET/12184


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MessagePublié: 27 Aoû 2007, 22:15 
Tite
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Enregistré le: 08 Oct 2006, 12:40
Messages: 242
Localisation: CALIFORNIE
Un communiste qui ose dire que la France, ne peut être qualifié de pays ultra-libéral, comme certains s'evertuent à dire, c'est assez rare vous trouvez pas???

http://www.pourlecommunisme.com/Page808.htm <<
:D

_________________
http://anticommunisme.blogspot.com


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