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 Sujet du message: Re: ALGÉRIE
MessagePublié: 01 Juil 2016, 10:25 
Davis
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http://orientxxi.info/magazine/l-algerie-s-enlise-silencieusement,1388

L’Algérie s’enlise silencieusement
Jean-Pierre Séréni > 1er juillet 2016

Le contre-choc pétrolier le plus violent de ces trente dernières années, un président absent, un déficit budgétaire de trente milliards de dollars et des candidats à la succession qui ne s’accordent sur rien, sauf sur un immobilisme dangereux, rendent la fin du quatrième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika particulièrement incertaine. Malgré certains articles de la presse française qui tendent à faire croire le contraire.

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Deux ans après l’éclatement de la crise pétrolière mondiale, l’Algérie est paralysée par un triple blocage qui menace de déboucher sur le pire. L’impasse politique née de l’incapacité des ténors du régime à s’accorder sur un successeur à l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika, bien incapable de tenir les rênes du pouvoir, interdit tout progrès sérieux dans la solution de la grave crise financière que traversent l’État et le secteur public. De plus, l’Algérie, qui vit du pétrole et du gaz qu’elle exporte est incapable, à la différence de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak ou de l’Iran, d’augmenter ses exportations et de compenser, au moins partiellement, la baisse des prix par une augmentation des volumes vendus. Sa production se réduit depuis dix ans alors que sa consommation intérieure explose et que diminue son surplus exportable. Il faudrait, pour renverser la tendance, un effort massif d’investissements ; l’État algérien en a moins que jamais les moyens à cause de la crise financière. La compagnie nationale Sonatrach a été déficitaire l’an dernier, et l’impasse politique interdit de revoir les conditions peu engageantes offertes aux compagnies étrangères qui boudent le sous-sol algérien depuis 2010.

Le pays ne peut sortir du dangereux cercle vicieux qui s’est mis en place qu’en levant au préalable l’hypothèque politique et en réglant enfin la question de la succession qui traîne depuis le printemps 2013 et l’évacuation sur l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris du président Bouteflika, victime d’un accident cardiaque dont il ne s’est, à la vérité, jamais remis. Avant les élections présidentielles d’avril 2014, la candidature du chef de gouvernement Abdelmalek Sellal a été évoquée, avant d’être contrée in extremis par le chef de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah. Début 2016, c’est le nom du directeur du cabinet présidentiel Ahmed Ouyahia, un survivant de la vie politique locale où il grenouille depuis plus de trente ans, qui a circulé pour le poste de premier ministre qu’il a déjà occupé à trois reprises. Mais ses rivaux ont eu peur de le voir prendre une option sérieuse sur la succession en cas de disparition soudaine d’Abdelaziz Bouteflika et ont déclenché un tir de barrage contre lui.
Surplace politique et déficit budgétaire

Les trois principaux acteurs de cette tragi-comédie : l’armée, les services de sécurité et la famille Bouteflika se neutralisent et ne s’accordent que sur le statu quo. Le vice-ministre de la défense, chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd, se verrait bien à la présidence, mais le « collège » militaire renâcle à voir l’un des siens assumer le pouvoir dans des circonstances plus que difficiles et préfère laisser cette tâche ingrate à un civil. Saïd Bouteflika, le « petit » frère de l’actuel président, n’a ni l’audience ni le sérieux qu’exige la situation. Enfin, le chef du gouvernement Sellal manque cruellement de crédibilité et d’appuis. L’opposition est quant à elle divisée et témoigne plus qu’elle ne s’oppose, faute de disposer d’un minimum de libertés malgré les promesses et la révision constitutionnelle du début de l’année.

Dans ce surplace politique où chacun des candidats, connu ou inconnu, se marque à la culotte, il est urgent d’attendre et de différer les « réformes » que les institutions internationales et les analystes recommandent pour faire face à la gravité de la situation financière de l’État. L’inaction va se payer au prix fort. a rente pétrolière s’est effondrée (70 milliards de dollars avant la crise, 27 milliards espérés cette année) et le déficit budgétaire attendu en 2016 pourrait atteindre 30 milliards de dollars, soit près de 20 % du PIB. Où les trouver ? Le magot accumulé pendant les dix ans du boom pétrolier (2004-2013) s’assèche rapidement, le Fonds de régulation des recettes (FRR) qui a depuis six ans financé le déficit budgétaire sera à sec avant la fin de l’année.

Après deux ans d’hésitations, Alger semble se résigner à s’endetter à nouveau à l’extérieur. Mais il lui sera difficile de lever plus de 4 à 5 milliards auprès de la Banque mondiale ou de la Banque africaine de développement (BAD). C’est insuffisant. Le marché financier international est, de fait, inaccessible à l’Algérie sans la garantie du Trésor américain ou japonais qu’a obtenue la Tunisie ; un tel patronage serait vécu comme une humiliation nationale par les Algériens traumatisés par la précédente crise financière des années 1990 qui a conduit à un plan d’ajustement structurel ruineux pour les salariés du secteur public et les consommateurs.
La croissance économique en panne

Au plan intérieur, le grand « Emprunt national pour la croissance économique » (ENCE) a fait un flop malgré les pressions exercées sur les banquiers et les assureurs (à peine l’équivalent de 2 milliards récolté jusqu’ici) et a coûté son poste au ministre des finances, Abderrahmane Benkhalfa. Quelle autre solution reste-t-il à son successeur, le troisième grand argentier en deux ans, sinon de faire tourner la planche à billets à plein régime et de dévaluer sauvagement le dinar avec la complicité du nouveau gouverneur de la Banque centrale ? La conséquence en sera forcément une inflation à deux chiffres, des pénuries et un appauvrissement douloureux de la population, au total une triple menace pour la stabilité sociale et politique du régime.

La dernière conférence tripartite (gouvernement, patronat, Union générale des travailleurs algériens, UGTA) du 5 juin dernier illustre cette incapacité du régime, malgré l’urgence, à prendre le taureau par les cornes. Albelmalek Sellal n’a pas osé rendre public le « cadrage » budgétaire 2016-2019 préparé par son équipe et la seule mesure annoncée, le retour de l’âge de la retraite à 60 ans, a été renvoyée à plus tard. La Caisse nationale des retraites (CNR), pourtant très déficitaire, s’est empressée de faire savoir quelques jours plus tard par voie de presse que les départs anticipés en retraite au bout de 25 ans de carrière n’étaient pas remis en cause. De leur côté, les principales fédérations de l’UGTA ont, dans la foulée, renié la signature de leur centrale et revendiqué bruyamment le maintien des avantages acquis.

Sur le front pétrolier, la même procrastination est de mise. Fin mai, avec l’aide de l’Union européenne, Salah Khebri, le ministre de l’énergie a organisé à Alger un forum destiné à attirer les compagnies internationales, à les inciter à revenir explorer et exploiter le sous-sol saharien, en particulier gazier. Les débats ont tourné au dialogue de sourds : les demandes de changements sur la fixation des prix du gaz ou sur la propriété des gisements qui est aujourd’hui automatiquement à 51 % algérienne ont été rejetées et la perspective d’un retour des investissements étrangers dans le secteur s’est éloignée encore un peu plus. Dans un contexte de baisse des ressources des compagnies et de surenchères entre pays producteurs pour les attirer, l’Algérie est moins que jamais, aux yeux des pétroliers, une destination séduisante. Finalement, la seule décision prise après ce fiasco a été de limoger le ministre, ce qui ne veut pas dire que son successeur sera plus à l’écoute.
Répression annoncée

Les grandes puissances ont voulu croire que la mise à la retraite l’an dernier du général Mohamed Mediène, dit « Toufik », à la tête des services pendant plus de vingt ans, l’omniprésente Direction de renseignement et de la sécurité (DRS) et la réorganisation de son ancien fief, inauguraient une transition vers un État « civil », plus respectueux des libertés et de l’opposition, voire une modernisation du régime. Les indices qui vont dans ce sens, en dehors de l’instabilité ministérielle, sont cependant rares : la justice reste aux ordres, le Parlement marginalisé, les élus locaux domestiqués et les quatre derniers quotidiens indépendants menacés et privés de publicité officielle. L’emprisonnement sans jugement depuis plus de neuf mois d’un officier général à la retraite qui avait osé critiquer le frère du président Bouteflika ou les tracasseries infligées à Issad Rebrab, le plus riche homme d’affaires d’Algérie, dit-on, en rivalité avec un autre mieux placé que lui auprès des puissants de l’heure, font craindre qu’à l’inaction et à la paupérisation s’ajoute bientôt la répression.

Jean-Pierre Séréni

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 Sujet du message: Re: ALGÉRIE
MessagePublié: 04 Sep 2016, 20:37 
Davis
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http://dia-algerie.com/filles-non-voilees-interdites-dacces-lycee-sebbala-de-draria/

Les filles non voilées interdites d’accès au lycée Sebbala de Draria
4 septembre 2016 13:30

DIA-04 septembre 2016: Ce qui s’est passé ce dimanche matin, à l’occasion de la rentrée des classes, au lycée de la cité 1 600 logements à Sebbala (Draria) est très grave. Les lycéennes ne portant pas le voile n’ont pas pu accéder à l’établissement où elles sont inscrites. L’agent qui se trouvait au portail d’entrée a carrément interdit aux jeunes filles ne portant pas le voile d’accéder au lycée !

Si certaines d’entre elles ont du rebrousser chemin pour aller chercher un foulard à la maison, d’autres qui étaient accompagnées par leurs parents ne se sont pas laissées faire. Elles ont protesté et ont demandé à voir le directeur de l’établissement, lequel était «absent». Pis encore, les parents de ces lycéennes ont été outrés par le comportement de cet appariteur qui scrutait les têtes de ces adolescentes qu’il aura, somme toute, terrorisé.

Sûr de lui, il a sommé les parents, qui accompagnaient leurs enfants, de «bien éduquer leurs filles». Les parents de ces élèves ont juré de ne pas se laisser faire et de remuer ciel et terre pour que cet énergumène soit sanctionné, tout en déplorant la nonchalance du directeur de l’établissement.

Ils ont considéré que le port ou non du voile relève des libertés individuelles et qu’il n’appartient pas à un «ignare et frustré qui n’a certainement jamais mis les pieds dans un lycée d’imposer le port du voile ou quoique ce soit aux élèves». Il s’agit en somme d’un grave dérapage dans un établissement scolaire !

Salim Bey

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 Sujet du message: Re: ALGÉRIE
MessagePublié: 27 Nov 2016, 14:23 
Davis
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http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/22/l-ecole-algerienne-entre-incompetence-et-obscurantisme_5035560_3212.html

« L’école algérienne entre incompétence et obscurantisme »
LE MONDE Le 22.11.2016 à 09h13

Un collectif d’intellectuels dénoncent l’appauvrissement et la « néo-salafisation » de la langue arabe dans la société.

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Dans aucun pays du Maghreb et du Machrek, la langue arabe – langue de l’enseignement public – ne suscite et déchaîne autant de passions qu’en Algérie. Elle est constamment sujette à des tensions politiques et à des disputes idéologiques extrêmes. Car ceux qui la défendent bruyamment ne la conçoivent que comme une langue rituelle et patrimoniale. Et même lorsqu’ils ne récusent pas le fait qu’elle soit une langue de culture, ils ne se soucient ni de la forme ni du contenu de cette culture. La langue leur suffit : elle leur tient de culture.

Alors qu’ils en font une affaire « existentielle », comme ils disent, ni eux ni leurs enfants, et par conséquent les élèves de nos écoles, ne consentent à l’effort de l’apprendre véritablement pour en faire sereinement l’instrument linguistique d’un accomplissement individuel et social heureux. La langue arabe est, chez nous, mal parlée, mal apprise, parce qu’elle est sans contenu, aussi pauvre et sèche qu’un filet d’oued saharien. Tant qu’on n’aura pas compris que le contenu et la richesse d’une langue, ce que l’on nomme son génie, c’est sa culture, telle qu’elle est cristallisée dans ses monuments littéraires et esthétiques et qu’elle se déploie à travers sa créativité présente et future, elle restera sans contenu.

Décrépitude et déchéance

Alors, plus on affecte de s’indigner pour elle, et plus on s’emploie à œuvrer à sa décrépitude et à sa déchéance. Les peuples ne sont dignes des langues dont ils se réclament que s’ils les fructifient et en partagent le fruit récolté avec le reste du monde. Et quel est l’état de la culture arabe en Algérie ? Médiocre. Sans doute parce que les Algériens sont coupés du patrimoine littéraire classique de cette langue, que quasiment plus personne ne lit parce qu’il est devenu incompréhensible, y compris pour la plupart des membres de l’élite intellectuelle. En soixante ans d’existence, l’école algérienne n’a rien enseigné de tout cela.

Or tous les systèmes d’enseignement dignes de ce nom, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, reposent sur la connaissance et l’apprentissage des classiques, sans quoi il n’y a pas de modernité littéraire. Il en est ainsi depuis que l’école existe : chez les Grecs comme chez les Romains, dans la Chine ancienne comme dans l’Inde védique, chez les Perses sassanides comme chez les Arabes à leur âge classique, et, plus encore, à l’époque moderne depuis la Renaissance italienne.

Ainsi, la culture arabe classique a réussi à faire ce dont la culture arabe moderne est incapable (et pas uniquement chez nous) : à doter les Arabes musulmans de deux cultures, l’une religieuse et l’autre profane. A l’époque classique, on pouvait consacrer sa vie à étudier l’une sans toucher à l’autre, ou à les étudier l’une au côté de l’autre pour les posséder simultanément.

Adeptes de la sottise

Et pourquoi donc ? Parce que l’islam n’est pas qu’une religion, il est aussi une culture. S’il n’était resté qu’une religion, il n’aurait même pas pu ni su développer ses propres sciences religieuses telle que la théologie. Car toutes ces sciences nécessitent la maîtrise d’une pensée spéculative que l’on ne peut acquérir ni développer en l’absence de la logique. Or la logique n’est ni arabe ni islamique, elle est grecque. Les livres mêmes dans lesquels sont exposées ces sciences religieuses ont emprunté leurs techniques de composition, leurs modèles d’écriture et leurs traditions littéraires à la plus prestigieuse de toutes les cultures antiques : la culture hellénistique. Les faux défenseurs de la langue arabe de chez nous, ceux qui sont responsables de son naufrage scolaire, ne savent pas – bien sûr – qu’ils sont tributaires de la culture grecque jusque dans la façon dont ils ont appris à lire et à écrire la langue arabe, et qui est celle que les écoles coraniques ont perpétuée depuis des siècles.

Quant à ceux qui s’imaginent que la langue arabe est une langue sacrée, voire la langue sacrée par excellence, ils ne sont rien moins que des adeptes de la sottise. D’abord parce que la plupart des langues s’imaginent descendre du ciel ; ensuite parce que les prétendus arguments religieux sur lesquels cette allégation est bâtie sont apocryphes. On a bien fait dire au prophète Mahomet que, de toutes les langues, c’est l’arabe qui était sa préférée parce qu’elle est « la langue des gens du paradis ».

Mais ce pseudo-hadith est considéré, y compris parmi les grands maîtres de l’école juridique hanbalite, comme une « forgerie ». Or ce même prétendu hadith est réhabilité par le néosalafisme, qui en a fait l’emblème de sa religiosité tactique. En effet, ce type de hadiths est le pain quotidien des prédicateurs et des sermonnaires dont la plupart des récits par eux colportés relèvent de cette catégorie. Force est de constater que c’est le discours de ces derniers qui tient lieu de religion à l’école algérienne, comme en témoigne la vidéo mise en ligne par une institutrice le jour même de la rentrée scolaire de cette année 2016-2017.

Néosalafisme

Outre son caractère abrutissant, cette rhétorique de la défense de l’école au nom de la religion tend à faire de celle-ci une mécanique tranchante : d’un côté le halal (« autorisé par la religion »), de l’autre le haram (« interdit par la religion »). Or dans le système normatif islamique, tous les actes humains sont soumis, non pas à une, mais à deux échelles de qualification, qui s’appliquent concurremment à ces actes : l’une est religieuse, l’autre légale. C’est l’ensemble de ce système que le néosalafisme a détruit dans notre pays. Il n’y a plus que l’ibadisme – l’une des trois composantes de l’islam avec le sunnisme et le chiisme – qui témoigne aujourd’hui pour la religion de nos pères. Or l’Etat, tout autant que la société, le défend mal des menaces qui pèsent sur lui et qui sont source de divisions, dont un certain aveuglement national ne mesure pas les dangers.

Ces menaces sont les mêmes qui pèsent sur les différentes expressions langagières du berbère. En attendant leur sauvegarde, pour les unes, leur standardisation, pour les autres, l’école doit d’ores et déjà s’atteler à enseigner leur littérature : poésie, geste, contes, mythes. Cette littérature berbère ne doit en aucun cas être limitée aux zones berbérophones. Elle doit aussi bien être enseignée à la partie arabophone du pays, qui doit la redécouvrir et l’assimiler comme une part oubliée de sa propre profondeur historico-culturelle.

Pour revenir à la langue arabe classique, qu’il soit entendu qu’elle n’a rien de sacré et n’a nul besoin d’être sacralisée pour être appréciée et aimée. La langue technique caractéristique du Coran, avant d’être le support de la parole d’Allah, fut celle des poètes rhéteurs, des orateurs, des devins et des prêtres du paganisme arabe. Et d’ailleurs, si la langue arabe était si sacrée que le prétendent les néosalafistes, pourquoi le Coran nous est-il parvenu dans une écriture (graphie) inventée par des communautés arabes chrétiennes vivant entre la Jordanie et la Syrie d’aujourd’hui ?

Tensions idéologiques et politiques

Malheureusement, l’islam est privé de son histoire et réduit à n’être qu’un ensemble de techniques rituelles. Or nous voulons que la religion n’envahisse pas tout l’espace scolaire, au risque de sa stérilisation totale. Ceci n’est pas une revendication de laïcs athées, comme le prétendent les détracteurs de l’école moderne. C’est une revendication qui est pensée et mesurée à l’aune de l’Histoire : l’islam classique n’a pu devenir la grande civilisation que l’on connaît que parce qu’il a su distinguer les sciences traditionnelles des sciences rationnelles, jusqu’à ressusciter le curriculum d’étude de la philosophie étudiée de façon autonome.

Pourquoi l’école algérienne est-elle constamment tiraillée par des tensions idéologiques et politiques d’une violence extrême ? A la vérité, depuis l’époque du président Ben Bella, les gouvernants successifs sont restés prisonniers – intellectuellement s’entend – des paradigmes pédagogiques des parties qui ont fait de l’école leur terrain de compétition politique et idéologique.

Maintenant, la médiocrité de l’école algérienne est bien là, et nul ne peut la contester. Elle a mutilé des générations d’élèves. Comment, dans ces conditions, exprimer une quelconque pensée si l’on ne maîtrise pas parfaitement la langue dans laquelle on a étudié pendant dix, quinze, voire vingt ans ! Comment aimer son pays et cimenter durablement sa communauté de destin si personne ne connaît son Histoire ? Comment s’ouvrir au monde si l’on reste monolingue ? Comment s’accomplir pleinement dans son humanité et dans sa citoyenneté si l’on ne dispose d’aucun bagage culturel, si l’on n’a ni goût de la lecture ni amour de l’art ?

Libre arbitre

Pourquoi en effet faut-il que notre école adopte quasi officiellement le credo de la prédestination et du déterminisme ? Savoir si l’homme est déterminé ou libre et responsable de ses actes est pourtant une question que le Coran n’a pas tranchée. Il l’a laissée en débat entre les croyants, « afin qu’ils raisonnent », en donnant des arguments aux uns et aux autres.

Or, après avoir mis en crise toutes les expressions de la religiosité sunnite et s’être substitué à elles, partout où il a conquis des espaces sociaux et institutionnels, le néosalafisme a répandu le fatalisme au point de nier à l’homme son existence en tant qu’être de volonté. Pis, il a fait du libre arbitre l’« essence de l’incroyance », alors même que, dans le Coran, il y a autant de versets pour que contre le libre arbitre : au total, seize de part et d’autre. Le Libre arbitre est le seul credo philosophique qui convienne au monde complexe dans lequel nous vivons. Il faut que l’école puisse donner aux enfants qui lui sont confiés par millions les clés de leur « être-au-monde », afin que notre Algérie soit digne de son rang dans le concert des nations et qu’elle œuvre au bonheur et à la prospérité de tous comme une part de son humanité.

Ahmed Djebbar, mathématicien et historien des sciences, professeur émérite à l’université des sciences et des technologies de Lille, ancien ministre de l’éducation nationale algérienne ; Abderrezak Dourari,linguiste, professeur à l’université d’Alger ; Mohammed Harbi, historien et ancien dirigeant du FLN ; Wassiny Laredj, écrivain et professeur de littérature moderne aux universités d’Alger et de Paris-III-Sorbonne-Nouvelle ; Khaoula Taleb-Ibrahimi, linguiste, professeure à l’université d’Alger ; Houari Touati, historien, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris.

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MessagePublié: 27 Nov 2016, 15:19 
Davis
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