Montézuma a écrit:
Merlin a écrit:
Je crois que vous confondez globalement "idées de gauche" et "comportements de ceux qui - depuis 1983 - se positionnent à gauche... (...)", c'est à dire une gauche-caviar certes mais surtout une bande de convertis aux idées libérales car ils (ces responsables de pacotille ou pseudo-dirigeants) se sont aperçus que la politique ou ce qui en tient lieu, rapproche agréablement "de ceux qui ont de quoi" comme disant F. Mitterrand car ils leur en donnent un petit peu au passage pour services rendus..
Non, je voulais justement faire cette clarification:
La Gauche c'est traditionnellement en France, depuis la Révolution, le parti qui défend le Tiers-État (c'est à dire les couches et les métiers populaires) contre l'oppression, contre le mauvais traitement, contre l'injustice, contre les oligarchies qui confisquent le pouvoir.
Jusqu'ici, entièrement d'accord !
Montézuma a écrit:
Or, qui sont actuellement ceux qui se désignent comme étant La Gauche, et que défendent-ils en fait?
On s'aperçoit que ce sont uniquement des gens qui relèvent du statut de la Fonction publique.
- Au PS on trouve les deux grands secteurs Affaires sociale-Justice-Police et Education nationale-Culture-TV, plus la haute fonction publique, les bureaucrates internationaux. Ajoutons les secteurs associatifs qui dépendent des subventions de l'Administration et qui aspirent à y être intégrés.
Bon ! Voilà qui est clair comme vision de
la sociologie du PS. Mais ceci n'est qu'une illusion entretenue à la fois par les brèves de comptoir et les ragots divers qui circulent aussi vite que les rumeurs et aussi mal que le téléphone arabe.
En réalité, il y a beaucoup moins de fonctionnaires & d'enseignants qu'on ne le dit au Parti Socialiste.
Il suffit de lire l'excellente enquête de Patrick Hardouin pour s'en convaincre :
Du temps de la SFIO :
Consulter cette pageEn 1973, peu de temps après le congrès d'Épinay :
Analyser ces pourcentagesVous pouvez examiner le détail concernant les fonctionnaires et les enseignants, de la page 223 ou moins à la page 256, rien de ce que vous annoncez n'est vérifié dans cette étude fort sérieuse.

Je vous demande donc avec un maximum de sérieux :"Quelle sont vos sources ?".

Montézuma a écrit:
- Au PC, et maintenant à l'extrême gauche, on trouve les membres de la fonction publique productive: EdF, La Poste, SNCF, les personnels ouvriers de l'Éducation nationale ou de l'Assistance publique, etc.. Ajoutons aussi les délinquants et les taulards qui votent.
Mais on ne trouve dans les partis de gôôche aucun ouvrier ou contremaître du privé, aucun paysan, aucun artisan, aucune profession libérale, aucun marin pêcheur, aucun chômeur.
Vous ne croyez pas que vous exagérez Montézuma. Au niveau de chaque profession que vous citez, c'est faux et mensonger. Là encore, donnez vos sources pour qu'on vous croie. Tout ce que j'ai vu en plus d'un demi-siècle montre le contraire. Vous devez vivre dans un microcosme très spécifique ?
Montézuma a écrit:
Que défendent-ils lorsqu'ils ont le pouvoir? Uniquement les privilèges attachés à leur statut. Là, ils sont absolument contre la déréglementation, contre la Constitution Giscard.
Et pour les autres secteurs, ils s'en foutent complètement, ils sont libéralistes et mondialistes. Que les autres Français se démerdent pour s'entendrent avec les immigrés, pour baisser le coût de leur travail au niveau des Pakistanais et des Chinois, pour payer les impôts qui financent leurs avantages.
Ça, c'est grotesque ! Ce sont les catégories socio-professionnelles que vous vilipendez qui sont actuellement les plus ponctionnées par la pression fiscale. Et puis vous mélangez allègrement gauche et syndicats de gauche c'est à dire la courroie de transmission et le moteur en oubliant quelle est l'activité humaine qui est derrière tout cela...
Montézuma a écrit:
Toute formation politique qui défend les revendications des autres secteurs, surtout si elle remet en cause leurs privilèges, est considérée comme affreusement populiste.
Je peux vous parler d'un exemple très personnel ?
Je ne souhaitais pas être fonctionnaire, vraiment pas ! La situation familiale très précaire dans laquelle je m'étais trouvé par la force des choses m'y a conduit, de force dès l'âge de 15 ans. Après avoir été contraint par l'État français à rester dans cette situation de "fonctionnaire très mal rétribué", je me suis trouvé confronté à des propositions d'emplois et de salaires dans le privé quatre à cinq fois plus rémunérateurs que ce que me versait la trésorerie générale de mon département, mais je n'en avais pas le droit, j'étais coincé par un engagement... J'ai vécu chichement et avec difficultés, notamment quand mes enfants ont été en âge de poursuivre des études supérieures.
Certains amis alors exerçant des professions libérales enviaient mes vacances et oubliaient leurs revenus... J'ai beaucoup travaillé pendant ces décennies et malgré tout, j'ai essentiellement cherché à faire en sorte que le travail (manuel et intellectuel) soit récompensé de manière gratifiante pour tous les gens courageux de mon pays.
Mais en vain... Les militants de gôôôche - comme vous les raillez si bien - étaient astreints à dépenser 80 % de leur énergie... militante pour faire émerger les élites qui allaient diriger, au plan local, régional puis national, au lieu de s'occuper des gens qui avaient réellement besoin d'eux. C'est encore exactement pareil en 2006 !
Mais les privilèges des fonctionnaires Montézuma, arrêtez un peu ! Vous les voyez où vous ? Chez les hauts fonctionnaires bien sûr ! Vous ciblez à un beau niveau...
Le fonctionnaire banal, normal, moyen est un gagne-petit qui a souvent accepté ce statut de "peine à gagner" en effet en échange d'une sécurité de l'emploi et rien que cela !
Voulez-vous que je vous propose les comparatifs des salaires des uns et des autres pendant ces 50 dernières années ?
Y' en a qui ont pu en mettre ... à gauche pendant ce temps-là !

Alors, s'il vous plaît, ne confondez pas la classe dirigeante de gauche (caviar et tralala) avec les modestes fonctionnaires de base qui contribuent à hauteur de 13 % dans les rangs du PS. C'est plus que mesquin. C'est inepte !
Merlin a écrit:
Si vous me le permettez néanmoins, je reste de gauche, du fond du coeur, c'est à dire partageur et redistributeur des richesses du pays en tenant compte des efforts réels de chacun, mais je ne vote pas pour ces gens-là.
(...)
Nous sommes donc dans une impasse totale et le mot "gauche" n'a plus aucun sens pour les politiques d'aujourd'hui. Pas plus que droite d'ailleurs.
Montézuma a écrit:
La première redistribution qui compte, à mon avis, est celle des droits, pas celle des richesses produites qui n'est que la conséquence d'institutions justes.
Les droits s'appliquent à tous Montézuma. Chacun pouvait à son époque passer les examens et les concours pour entrer dans la fonction publique. Mais BEAUCOUP préféraient gagner davantage dans le privé et se moquer alors de leurs copains qui gagnaient moins de 600 NF au début des années 60...

Mais le droit le plus imprescriptible en économie est de recevoir sa part (méritée) du gâteau commun que vous le vouliez ou non. Vous verrez en 2012 si on ne se rend pas à cette évidence de justice et d'équité...
Montézuma a écrit:
Il n'est pas admissible, du point de vue des principes de la Gauche, que la partie de la population qu'on appelle Fonction publique-et-parapublique, se soit progressivement désolidarisée des autres secteurs d'activités de notre pays, et qu'elle conserve des privilèges et des avantages qui ne sont pas justifiés par des raisons de service public.
C'est une triste erreur d'appréciation que celle qui consiste à dire cela. C'est exactement le contraire qui s'est produit. Le privé s'est désolidarisé du public car il aurait aimé en avoir les rares avantages sans en accepter les nombreux inconvénients. Je pense à l'enseignement privé notamment qui a tant profité des avancées du public sans jamais en assumer les gros inconvénients. Mais c'est vrai dans tant d'autres secteurs !
Montézuma a écrit:
Pour répondre, il faudrait savoir ce qui relève réellement de la fonction publique et ce qui justifie de relever d'un statut privilégié.
Arrêtez un peu ! Je vois ce qui se passe autour de moi, dans ma propre famille et dans le voisinage dont je connais et les revenus et les avantages. Y' a pas photo ! La fonction publique n'a jamais rien thésaurisé ni amassé, car ils ne le pouvaient pas financièrement, mois après mois. Les autres si, et un certain nombre pas mal !...
Je regardais ce soir sur FR3 aux infos une séquence dans laquelle on se plaignait de la baisse considérable des ventes de voitures en France (- 8 % au bas mot) et juste après le succès fou du salon nautique ou des bateaux de luxe se vendaient comme des petits pains, même à 600 000 € la bête) cherchez l'erreur !

Montézuma a écrit:
Il est certain qu'un gendarme, un député, un juge, un directeur de DDE, un professeur au Collège de France ne peuvent pas être considérés comme relevant d'un emploi salarié régi par un contrat et une convention collective. Que leur mission n'est pas commerciale et concurrentielle, qu'ils ne sont pas employés, mais nommés ou élus. Qu'ils n'ont pas avec les usagers une relation contractuelle comme le vendeur avec un client. Que le but de ces organisations n'est pas d'abord de gagner de l'argent, d'augmenter leur marge.
Il y a pourtant des conventions tacites qui s'établissent entre les fonctionnaires que vous avez cité et les usagers qu'ils servent. Mais vous semblez l'oublier comme vous oubliez l'employé communal, le professeur des écoles (en maternelle ou en primaire) le professeur de collège, de LEP ou de lycée.
Montézuma a écrit:
Je pense qu'il serait utile de créer un fil:
"Privatisations, nationalisations, mais pourquoi?
La fausse droite aussi a besoin d'être identifiée.
Faites-le avec Suez ! Vous serez le premier à venir vous plaindre du coût exorbitant de l'énergie électrique en 2010. Aucune privatisation réalisée ne s'est traduite jusqu'à présent par une baisse des prix par le biais de la concurrence. Au contraire & la qualité générale des services a baissé tant en France qu'au Royaume Uni.
Bref, cette diatribe d'un autre âge contre des fonctionnaires nantis n'a aucune raison d'être et s'il y en a qui ne foutent rien, qu'on les sanctionne ! Moi j'y suis favorable.
Je voudrais juste rappeler pour finir que nombre de membres de la fonction publique (enseignants notamment) s'occupent aussi
bénévolement de plus de 60 % des associations - et là je ne parle pas des associations plus ou moins caritatives qui sont elles aussi des courroies de transmission des partis politiques, de près ou de loin - non les associations sportives et culturelles. De plus les damnés fonctionnaires que vous stigmatisez à tout bout de champ sont en général ceux qui s'investissent le plus dans les partis de gauche ou de droite pour essayer d'améliorer la vie des gens dont ils savent mieux que personne que ce sont les parents de leurs élèves ou des gens qu'ils voeint en difficulté dans leurs diverses administrations.
Mais ça, c'est une longue histoire qui ne se recoupe jamais avec l'ambition des "futurs candidats à..."
Ce que je recommande le plus en politique, c'est la vertu. Pas l'ambition aux dents longues et pointues. Mais je sais has been !